‹ Campagne de 1870-1871Chapitre 160 sur 207 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

Événements en Xormandie au commencement de janvier. — Evénements sur la rive gauche de la Seine. — Rencontre de iloulineaux (2 janvier). — Situation des deux partis dans la journée du 3 janvier. — Combats de Chàteau-Robert , de llaison-Brùlée et de Saint-Ouen-de- Thouberville. — Surprise de Rougemontier. — Combats de Bourgthéroulde et de la Londe. — Entreprises contre EJbeuf et engagements d'Orival ('<- janvier). — Retraite du général Roy derrière la Rille et la Touques. — Rencontres de Brcteuil, de Bosrobert et d'Appeville (7 janvier). — Formation d'une division avec les troupes de l'Eure et du Calvados sous le général Saussier. — Evénements sur la rive droite de la Seine. — Rencontre d'Alliquerville (2 janvier). — Rentrée du général Peletingeas au Havre. — Reconnaissance des Prussiens à Gainneville (6 janvier). — Formation d'une division avec les troupes du Havre et projet d'embarquement de cette division (7 et 8 janvier). — Départ du général de Alantcuffel et son remplacement parle général de Goeben. — Combat d'avant-postes à Gainneville (10 janvier). — Prise du Mans (12 janvier).

Venu à Rouen le 31 décembre pour donner ses instructions au commandant du I" corps, le général de Manteuffel était reparti pour Amiens dans l'aprèsmidi du 1" janvier. De retour dans cette ville, il activa le départ du 44^ régiment rappelé des environs de Corbie. Ce régiment arriva à Rouen le 2 janvier, et fut aussitôt dirigé sur Grand-Couroune; là, le colonel de Boeking, commandant la V brigade d'infanterie, voulant s'assurer si le village de Aloulineaux était occupé par nos troupes, le fit immédiatement fouiller à coups de canon. Une batterie y lança par intervalles, à une distance de plus de trois kilomètres, une dizaine d'obus, (^'est ainsi que plus d'une fois l'ennemi exécuta ses reconnaissances '. Cette canonnade

* V. Troschke: Geschichte des ostpreiis. Fcldartill.-Regiin' n° i. Berlin.

n'ayant révélé la présence apparente d'aucune troupe dans le village, le colonel de Boeking y dirigea une patrouille, mais elle fut reçue à coups de fusil par un de nos petits postes et s'empressa de tourner bride, essuyant dans sa fuite quelques coups de canon partis des retranchements de Château-Robert.

En avant de Grand-Couronne, les Prussiens utilisant, comme on l'a vu plus haut, les travaux de défense ébauchés par nous, avaient prolongé et achevé, en l'appuyant aux hameaux des Essarts, une longue tranchée qui barrait la plaine , les protégeait contre nos attaques et leur permettait de cheminer à couvert dans la forêt de la Londe. Tout faisait prévoir qu'ils allaient prochainement prendre l'offensive, et le général Roy avait fait prévenir le colonel Thomas de se tenir sur ses gardes, lui enjoignant « de résister à outrance et de ne pas reculer d'une semelle " '. Les braves mobiles de l'Ardèche étaient heureusement de ceux qui n'ont pas besoin d'une pareille recommandation, et ils avaient déjà fait leurs préparatifs de défense. A droite, sur le plateau d'Orival , le connnandant de Montgolfier avait établi des épaulements pour son artillerie et obstrué toutes les routes et tous les défilés. A gauche, le colonel Thomas, ancien officier du génie, avait pris des dispositions analogues ; une tranchée avait été creusée autour du plateau circulaire sur lequel s'élève Château-Robert, et les routes avaient été coupées et garnies d'abatis.

Dans la journée du 3 janvier, les troupes du général Roy étaient établies dans les positions suivantes: A droite, au pavillon d'Orival, le commandant de

' V. Thomas. Campagne de la (jurde mobile de l'Ardèche. Largentière.

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