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CHAPITRE QUATORZIÈME

la Villette. Sur ces entrefaites, une batterie s'étant approchée jusqu'à environ six cents mètres des faubourgs, avait lancé sur la ville, un peu au hasard, une vingtaine d'obus. Là se borna la démonstration du lieutenant-colonel de Alassow. X'ayant pu, à cause du brouillard, s'éclairer suffisamment, il se retira sur la rive droite de la Seine par Pont-de-l'Arche, dont il fit soigneusement barricader le pont. De leur côté, les mobiles et les mobilisés, n'ayant point d'ordres précis, évacuèrent Elbeuf dans l'après-midi.

jVos troupes du plateau d'Orival avaient ainsi échappé au danger qui les menaçait, ce qui ne les empêcha pas d'avoir à repousser plusieurs tentatives faites sur leur front, dans le but probable de détourner leur attention du double mouvement tournant qui devait s'opérer. Le pont d'Orival était gardé par les éclaireurs de Normandie (capitaine Trémant), appuyés par une compagnie du 2' bataillon de l'Eure (capitaine de Bonnechose), et, plus en arrière, par une autre du 3" bataillon de l'Ardèche (capitaine de Canson). S'avançant par les bois de Saint-Aubin, les Prussiens assaillirent ces avant- postes par le pont d'Orival, sur la rive droite, tandis que d'autres détachements, débouchant par le Port-du-Gravier et le Calelier, les menaçaient sur la rive gauche. L'ennemi tâtait ainsi la position, tantôt d'un côté , tantôt de l'autre ; son attaque, commencée à huit heures du matin, se renouvela encore à deux reprises, à onze heures et à deux heures, mais chaque fois sans succès. Nos tirailleurs, embusqués sur le pont même et derrière les talus du chemin de fer, appuyés en arrière par une seconde ligne placée sur les hauteurs, opposèrent à l'ennemiune sérieuse résistance, et le re-

poussèrent chaque fois qu'il se montra. Vers trois heures, ayant jugé ses efforts inutiles, il renonça à son entreprise, qui lui coûta la perte de deux hommes tués et d'une quinzaine de blessés, dont un officier. Grâce aux positions avantageuses qu'ils occupaient, nos tirailleurs n'avaient eu que deux ou trois hommes hors de combat, parmi lesquels le capitaine de Bonnechose.

Par suite de l'occupation de Bourgthéroulde par l'ennemi et de l'évacuation d'Elbeufpar nos troupes, le commandant de Montgolfier, isolé à Orival et sans nouvelles du général Roy, se trouvait dans une position des plus critiques; aussi, après avoir réuni, dans la soirée du 4 janvier, les principaux officiers de son détachement, il résolut de se soustraire, par une marche de nuit, aux dangers qui le menaçaient. Cette marche s'opéra heureusement et sans être inquiétée, par la foret d'Elbeuf et le Gros-Theil sur Brionne, que la colonne atteignit le 5, à midi. Il était temps d'évacuer le plateau d'Orival et d'effectuer une retraite qui, différée plus longtemps, eût été gravement compromise; car, le lendemain matin, l'ennemi s'apprêtait à renouveler contre cette position ses attaques de la veille. Le lieutenant-colonel de Massow, après avoir fait lancer sept ou huit obus sur les faubourgs d'Elbeuf, comme pour annoncer son arrivée, reprit possession delà ville évacuée par nous depuis la veille.

Tel est le récit des événements dont la rive gauche de la Seine a été le théâtre dans la journée du 4 janvier. Au moment où notre petit corps de l'Eure essuyait ainsi le choc du général de Bentheim, le général Faidherbe battait en retraite dans le Nord après la bataille de Bapaume. Si cette Irataille fut un suc-

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