CHAPITRE QUINZIÈME
la main, si l'on voulait prendre part au dernier et suprême effort tenté pour le salut de la France.
Les forces dont le général Loysel disposait étaient les mêmes que celles qui ont été énumérées dans un précédent chapitre. Il faut y joindre * toutefois les troupes de la marine, qui formaient le noyau de la résistance. C'étaient d'abord les équipages de la division navale de la basse Seine, qui était sous les ordres du capitaine de vaisseau Mouchez, chargé en même temps du commandement de la place du Havre et de la 2" division militaire. La flottille comprenait les bâtiments suivants : La corvette à roues le Catinat (capitaine de vaisseau Mouchez); les batteries flottantes la Protectrice (capitaine de frégate Vallon) et rimpre- 7iahle (cap'iia'ine de frégate Rallier) ; l'aviso à hélice de 2^ classe le Diamant (lieutenant de vaisseau Kerros); les canonnières à hélice de P" classe l^ Oriflamme (lieutenant de vaisseau Pic-Paris) et F Etendard (lieunant de vaisseau Alaire); les canonnières Farcy la Mi~ trailleuse (lieutenant de vaisseau Dupuis) et l'Alerte (lieutenant de vaisseau Alasson); enfin 4 chaloupes à vapeur et 2 ordinaires, commandées par l'enseigne de vaisseau BonafFé. L'armement de ces bâtiments comprenait au total 3(3 pièces, dont plusieurs se chargeant par la culasse; les calibres étaient ainsi répartis : huit pièces de 19 centimètres, six de 16, six de 14,* quatre de 12 et douze de 4. Le chiffre des équipages s'élevait à près de 800 hommes. Puis venaient les 1" et 2^ compagnies de fusiliers de Cherbourg (lieutenants de vaisseau Crova et Orlandini), et un détachement du 1" régiment d'infanterie de marine (sous-lieutenant Larnuder), ce qui portait à près de 1,500 hommes l'effectif des marins.
Les troupes de ferre avaient été diminuées par le départ du 3*^ hussards et surtout par les pertes résultant des maladies; mais, d'un autre côté, on avait organisé le dépôt des mobiles de la Seine-Inférieure en un bataillon de marche ; on avait complété l'escadron des guides éclaireurs havrais ; on s'occupait de la formation de deux escadrons de marche de chasseurs : enfin on avait créé de nouveaux corps auxiliaires plus spécialement affectés au service de la place, tels que le demi-bataillon des canonniers marins, sans parler de la garde nationale sédentaire. Les forces réunies de terre et de mer formaient un effectif total d'à peu près 33,000 rationnaires. L'armement comprenait environ 10,000 fusils à tabatière, 6,000 chassepots, 6,000 sniders, 6,000 fusils lisses et 2,000 rayés français, 1,500 remingtons, 1,000 carabines Minié ou fusils Enfield, et 500 mousquetons des systèmes Sharp, Spencer ou Springfield. L'artillerie avait été réorganisée en six batteries mixtes, comprenant ensemble dix pièces rayées de 4, six canons rayés de 12, six pièces Armstrong, six obusiers de montagne et six mitrailleuses Gatling.
Si ces forces, au lieu de rester concentrées dans les lignes du Havre, eussent été portées en avant, n'eût-on fait qu'une simple démonstration en reprenant les positions précédemment abandonnées aux environs de Bolbec par le général Peletingeas , les Prussiens auraient vraisemblablement évacué Rouen sans combat. En effet, du côté de l'ermemi, la situation militaire était la suivante :
Le général de Goeben, qui avait succédé au général de Manteuffel, se trouvait aux prises avec son infatigable adversaire , le général Faidherbe ; pour