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CHAPITRE QLI.VZIÈME

maintenir sa supériorité, il avait appelé de Rouen douze bataillons et six batteries, c'est-à-dire une division entière, dont il donna le commandement au général de Groeben; en sorte que le corps du général de Bentheim était diminué de moitié, en attendant qu'il fut réduit davantage, par suite de l'inaction persistante de nos forces de Normandie. Le 12 janvier, le général de Bentbeim mandait au commandant en chef de la V" armée prussienne que, par suite du départ pour Amiens de trois nouveaux bataillons, il ne lui restait pas de forces suffisantes pour prévenir une attaque sérieuse, et qu'il devait éventuellement songer à évacuer Rouen : ei' an AuJ'gabe von Rouen detihen milsse '. Le général de Goeben, de son côté, lui faisait parvenir des instructions dans le même sens qui se croisaient avec la précédente dépêche ; il lui recommandait, « pour le cas extraordinaire d'une atta- « que faite par des forces supérieures, d'abandonner « Rouen et de battre en retraite dans la direction de « Paris. » Toute la question était de savoir comment cette retraite s'opérerait ; le général de Bentheim demanda des éclaircissements, et il lui fut répondu « qu'il devrait se retirer sur Paris par la rive droite , « des circonstances extraordinaires pouvant seules « légitimer une retraite par la rivé gauche. »

Ces instructions, depuis rendues publiques, répondaient bien aux exigences de la situation militaire. A la date du 14 janvier, la ville de Rouen, où le général de Bentheim avait toujours son quartier général, n'était plus occupée que par deux bataillons, un escadron et une batterie ; il y avait, en outre, de petits dé-

1 V. Schell : Die Operationen der I. Armée. Berlin.

tachements à Buchy, à Forges et à Gisors, pour la proteclion des chemins de fer etdescommunicalions. Sur la rive droite de la Seine, le général de Prilzelwilz s'étendait avec quatre bataillons, dix escadrons et quatre batteries sur la ligne qui passe par Duclair, Barentin, Pavilly et Clères. Ce détachement occupait là un poste d'observation et non de défense ; en cas d'attaque il devait se concentrer à Pavilly et à Saint- Jean-du-Cardonnay. Depuis l'olfensive du général Roy, la rive gauche de la Seine était l'objet d'une surveillance particulière; cette tâche était dévolue au général de Gayi, qui couvrait Rouen de ce côlé avec sept bataillons, quatre escadrons et trois batteries.

Le général de Bentheini faisait visiter les villes du littoral, (elles que Dieppe et Fécamp, par de fréquentes patrouilles, craignant sans doute un débarquement sur ces points; en outre, comme le général Loysel, profitant de son affaiblissement, aurait pu prendre foffensive, la destruction du chemin de fer précédemment opérée à Ectot ne lui parut pas suffisante, et il entreprit encore de faire sauter le viaduc de Alirville, l'un des ouvrages les plus importants de la ligne de Paris au Havre. Un détachement fut formé et mis en marche à cet effet ; il se composait de deux compagnies du 45", d'un escadron renforcé du lO" dragons, d'une section de pionniers et de deux pièces d'artillerie, sous les ordres du capitaine de dragons de Frantzius. Dans la matinée du 14 janvier, ce détachement arrivait aux environs de Bolbec, et les habitants de cette ville étaient réveillés par plusieurs décharges de mousqueterie qui éclataient en face de l'église, et dont ils eurent bientôt l'explication. Une patrouille du 10* dragons de la Prusse orien-

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