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CHAPITRE QUINZIÈME

général Saussier n'exécuta plus que des mouvements sans importance, d'après les ordres du général Dargent, commandant du 19' corps. Ce mouvement de retraite de nos troupes de la Rille avait produit un fâcheux effet sur les populations de la basse Normandie, très-disposées à la résistance. Tout le département de l'Eure et la lisière de celui du Calvados se trouvaient ainsi abandonnés aux incursions des partis ennemis. Les patrouilles du général de Bentheim ne pouvaient, il est vrai, s'aventurer bien loin sur la rive gauche de la Seine ; mais celles du général de Rheinbaben, qui occupait la majeure partie de l'Eure, allaient sillonner le reste du département dans toutes les directions. Xous allons rappeler en peu de mots les événements survenus de ce côté dans les derniers temps.

Le général de Rheinbaben se tenait toujours sur la ligne de l'Eure, à Anet et à Ivry-la-Balaille. Evreux, occupé militairement depuis le 9 décembre , avait eu à subir depuis la présence d'un préfet prussien , nommé de Poremski ; ce fonctionnaire était chargé, comme ses collègues de Rouen et d'Amiens, de centraliser les contributions de guerre , les impôts directs, indirects et autres, ainsi que les réquisitions; il s'acquittait de cette mission avec une rigueur inexorable, et les contribuables du département de l'Eure en conserveront longtemps le triste souvenir. Il était appuyé, pour l'accomplissement de sa tâche, par la brigade de Barby, qui occupait Evreux et Damville. Cette brigade avait Tordre de se tenir en communication avec le général de Bentheim ; en outre, elle faisait surveiller par ses éclaireurs la lisière des forêts de Couches et de Breteuil, ainsi que le cours

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de riton , ce qui occasionna plusieurs rencontres.

Le 10 janvier, une patrouille du 4* régiment de cuirassiers, partie de Damville, se dirigeait sur Dame- Marie, lorsque, sur le territoire de Roman, dans le bois de Chagny, elle fut surprise par des francstireurs qui lui firent cinq prisonniers. Le lendemain matin, d'autres cuirassiers, à la recherche de ceux qui manquaient à l'appel, poussèrent par Dame-Marie jusqu'à Saint-Ouen-d'Athez; à leur retour, ils tombèrent dans une embuscade dressée au même endroit que la veille, et, loin de ramener leurs camarades, ils ne firent qu'augmenter le nombre des prisonniers. Huit d'entre eux furent pris dans ces deux rencontres.

Le 17 janvier, les uhlans hanovriens de la brigade de Barby, qui occupaient Damville, établirent leurs avant-postes à Authenay, sur la route de Bretcuil, et le même jour ils se présentèrent dans cette dernière ville; à leur retour ils essuyèrent, aux abords de Gouville, une fusillade qui blessa et démonta trois cavaliers, entre autres le lieutenant de Schoning, chef de la patrouille; cet officier serait resté entre les mains des francs-tireurs, sans l'indigne faiblesse de quelques habitants qui jugèrent plus conibrme à leurs intérêts de le cacher et de le renvoyer ensuite à Authenay sous un déguisement.

Depuis quelques jours, le général de Rheinbaben avait reçu l'ordre de flanquer le corps du grand-duc de Mecklembourg, qui, après la prise du Mans, avait été dirigé sur Alençon et dont nous suivrons la marche dans le prochain chapitre. Le général de Rheinbaben envoya d'abord sur l'Huisne et sur la Sarlhe, à la rencontre du grand-duc, la brigade de

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