CHAPITRE QUINZIEME
Bredow; puis, le 18 janvier, il quittalui-même ses posilions sur la ligne de l'Eure pour établir son quartier général à Verneuil. Dans ce mouvement, l'ennemi explora la foret de Conches, dont il n'avait pas encore cherché à s'emparer; les W et 17' hussards de la brigade de Redern poussèrent une reconnaissance sur le Fidelaire, village situé au milieu de la forêt et dont les habitants, énergiquement résolus à se défendre, avaient conservé leurs armes; les hussards surprirent d'abord le poste des gardes nationaux, mais l'alarme fut aussitôt donnée; il s'ensuivit un engagement qui dura plusieurs heures et dans lequel trois habitants furent tués et cinq autres faits prisonniers. Ces braves gens avaient fait expier leurs pertes à l'ennemi ; les hussards de Brunswick et de Westphalie eurent trois hommes tués et autant de blessés dans celte affaire. Le même jour, la brigade de Barby quitta Damville pour se rendre à Verneuil, et ses éclaireurs essuyèrent quelques coups de feu sur leur passage; près de l'ancien château de Alontéan, sur la commune de Dame-Marie, un cuirassier fut légèrement blessé par une décharge de plomb de chasse, ce qui faillit coûter la vie à plusieurs habitants inoffensifs. Le lendemain, ce lut le tour des uhlans hanovriens qui, en éclairant la route de Bourth à Laigle, eurent un des leurs grièvement blessé.
Tandis qu'en Normandie quelques habitants isolés et sans appui risquaient ainsi leur vie pour défendre leurs foyers, des événements autrement graves s'accomplissaient dans les autres parties de la France; le 19 janvier, au moment même où l'armée de Paris tentait sa dernière sortie, notre armée du Nord suc-
combait héroïquement à Saint- Quentin, et notre armée de l'Est, battue dans un combat de troisjours, commençait une retraite qui devait aboutir à la dernière et à l'une des plus lamentables catastrophes de cette guerre funeste.