‹ Campagne de 1870-1871Chapitre 182 sur 207 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

Événements en \ormandie depuis le mouvement du grand- duc de Mecklembourg jusqu'à la fin de l'armistice. — Marche du grand-duc de Mecklembourg sur Alençon et Rouen — Combat de Saint-Pater et occupation d'Alençon (15 et 16 janvier). — Combats d'Orbec et de Bernay (21 janvier). — Embuscades à Serquigny et à Conches (22 et 23 janvier). — Rencontre de MaroUes (24 janvier). Entrée du grandduc de Mecklembourg à Rouen (25 janvier). — Rencontre de Bolbec (24 janvier). — Conclusion de l'armistice (28 janvier). — Engagements sur la Seine à Guerbaville et à Caudebec (29 et 30 janvier). — Occupation de Dieppe (l'"'' février) et de Fécamp (3 février). — Ligne de démarcation de l'armistice dans la péninsule du Havre et sur la rive gauche de la Seine. — Mouvements de concentration opérés par les deux partis pendant l'armistice. — Occupation d'Honfleur (23 février). — Signature des préliminaires de paix (26 février).

Par suite de nos revers sur la Loire, la Normandie allait être sillonnée et occupée par un nouveau corps ennemi, celui du grand-duc de Alecklembourg, et subir comme une seconde invasion. On se souvient qu'après le combat de Dreux le XIIP corps prussien s'était rabattu sur Nogent-le-Rotrou; depuis ce moment, il avait continué dans l'Ouest une marche en zigzag dont la trajectoire trahit suffisamment les incertitudes qui régnaient alors au grand quartier de Versailles. Après avoir pris part à la bataille du Mans, il fut dirigé sur Alençon. Il eut le 15 janvier aux abords de cette ville, à Saint-Pater, un court mais très-vif engagement avec le général Lipowski, lequel avait sous ses ordres environ 2,000 francstireurs et 4,000 mobilisés de l'Orne et de la Mayenne, avec un peloton de chasseurs et huit canons de mon-

tagne. Le général de Wiltich, avec la 22' division ', arriv ait par la route du Alans ; il était appuyé sur celle de Mamers par la brigade de Bredow, qui avait été envoyée à sa rencontre et qui formait son avantgarde. Tenu en échec pendant toute la journée du 15, le grand-duc avait pris ses dispositions pour une attaque générale, lorsqu'il apprit qu'Alençon avait été évacué par nous dans la nuit. Il y fit son entrée sans résistance dans la matinée du 16 janvier. Après avoir séjourné dans cette ville, le XIII" corps cessa de faire partie de l'armée du prince Frédéric- Charles et reçut l'ordre de se mettre en marche sur Rouen. Il devait se joindre à la première armée prussienne pour frapper contre le général Faidherbe un coup décisif, car on n'espérait pas à Versailles que les renforts envoyés de Rouen et de Paris au général de Goeben pussent lui suffire pour écraser son adversaire. Le 18, l'avant-garde du XIII' corps partit d'Alençon, éclairée par la brigade de Rredow; la division de cavalerie de Rheinbaben ayant relevé celle du prince Albert (père), restée à l'aile droite du prince Frédéric-Charles. Cette avant-garde arriva le 18 à Sées, le 19 à Gacé et le 20 à Montreuill'Argillé; elle était suivie à une journée d'intervalle par la 17' division; la 22% passant par le Alesle et Moulins-la-Marche, se dirigea sur Glos-la-Ferrière, sans rencontrer d'autre résistance que celle de quelques paysans qui, sur la route de Crulai à Laigle, blessèrent un uhlan et tuèrent un fantassin au major de Necker, qui commandait l'avant-garde.

La marche du grand-duc de Mecklembourg eut

> V. Wittich. Aus meinem Tagehuche 1870-1871. Cassel.

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