CHAPITRE SEIZIEME
taillon et un escadron , prit possession de Bernay, après avoir encore essuyé quelques coups de feu qui amenèrent de sanglantes représailles. A midi, la 17* division fît son entrée à son tour, et le général de Treskow frappa une contribution de guerre, qui fut réduite, il est vrai, à cent mille francs, mais qui avait d'abord été portée à un taux dont l'énormité même montrait tout le dépit qu'éprouvaient les Allemands de s'être laissés arrêter par une poignée de gardes nationaux.
Le lendemain, le grand-duc fit éclairer sa marche vers Rouen parla 5® division de cavalerie, qui avait été placée sous ses ordres pour la durée de ses opérations: le général de Reinbaben lui-même fut appelé au commandement de la 22® division d'infanterie, en remplacement du général de Wittich. De fortes reconnaissances rayonnèrent dans les principales directions : la 17^ brigade de cavalerie (général major de Rauch) s'avança sur la route de Lisieux jusqu'à Thiberville; la brigade de Bredow sur la route de Lieurey jusqu'à Razoques; enfin la brigade de Redern fut dirigée sur Brionne; une de ses patrouilles, en explorant le cours de la Rille, eut deux hussards blessés aux environs de Serquigny. Le 23 janvier, des flanqueurs en marche sur le Neubourg mirent Couches au pillage, parce qu'au sortir de cette ville ils avaient essuyé des coups de feu qui blessèrent un uhlan. Le même jour, l'avant-garde du XIIP corps se mit en communication à Saint-Denis-des-Monts avec les avant-postes de la I" armée prussienne. La jonction du grand-duc de Mecklembourg avec le général de Bentheim était dès lors efi'ectuée.
Le 24, le grand- duc continua sa marche sur
Rouen; la 17* division se porta directement sur Brionne et la 22* fut dirigée de Broglie sur Beaumesnil, Beaumont-le-Roger et le Neubourg. Pendant ce temps, le major de Rosenberg,à la lêtedu IS'uhlans, s'avançait sur Lisieux; mais son escadron d'avantgarde rencontra, au delà de Alarolles, des mobilisés du Calvados, qui démontèrent deux cavaliers et forcèrent les autres à tourner bride. Le major de Rosenberg fit alors avancer une section d'artillerie et lança quelques obus sur nos avant-postes, après quoi, supposant sans doute Lisieux mieux gardé qu'il ne l'était en réalité, il rétrograda jusqu'à Marolles et l'Hôtellerie, où il établit ses cantonnements.
Le 25 janvier à midi, le grand-duc fit son entrée à Rouen, à la tête de son état-major et de son avantgarde. Le lendemain, le 90" régiment d'infanterie, le 14" bataillon de chasseurs, le 18' dragons et deux batteries allèrent renforcer, de Duclair à Pavilly, sur la ligne de la Sainte-Austreberte, les détachements du général de Bentheim. Le 27, toute la 17* division et la brigade de cavalerie du XIIP corps passèrent sur la rive droite de la Seine, tandis que la 22" restait sur la rive gauche, cantonnée le long de la Rillc, avec la division de cavalerie de Reinbaben.
Toutes ces troupes faisaient front vers l'ouest, observant la ligne de la Touques et particulièrement le Havre. Le grand-duc, s'imaginant sans doute que le général Loysel se risquerait à prendre l'ofiensive, résolut de rendre le cours de la basse Seine complètement impraticable. Le barrage établi précédemment à Uuclair par le général de Bentheim ne lui parut pas suffisant; il fit encore placer des torpilles en aval, à la hauteur de Guerbaville; un officier su-