‹ Campagne de 1870-1871Chapitre 186 sur 207 · CHAPITRE SEIZIEME. 3S · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEIZIEME. 3S

périeiir du génie, le major Vincenz, avec un détachement de pionniers, fut chargé de cette opération. Pour protéger les travailleurs, des postes de deux compagnies et de quelques cavaliers furent établis sur les deux rives de la Seine, à Saint-Vandrille et à Guerbaville.

Le 29, le général de Bentheim concentra, vers l'embranchement de Dieppe à Amiens, les fractions de la r*' armée restées sous ses ordres, à l'exception de la brigade des dragons de la garde qui lut attachée à la 17* division. De cette nouvelle position il pouvait également rejoindre le général de Goeben ou appuyer le grand-duc de Mecklembourg. Le même jour, la rivière de l'Austreberte fut gardée, de Duclair à Barentin, par le 90^ régiment mecklembourgeois et deux batteries, et la ligne de Pavilly à Clères par la brigade des dragons de la garde , à laquelle on adjoignit le IS' bataillon de chasseurs et une seconde batterie à cheval. Clères fut occupé par la 17' brigade de cavalerie. Yvetot reçut en même temps une garnison composée de deux compagnies du 90% d'un escadron du 18^ dragons et d'une section d'arlillerie, sous les ordres du capitaine de dragons comte de Bethusy-Huc.

Pendant que l'ennemi prenait ces dispositions, la fortune venait de nous porter le dernier coup. La catastrophe suprême, prévue depuis la sortie de Montretout, achevait de nous accabler : Paris, n'ayant plus de pain, avait capitulé; un armistice avait été conclu le 28 janvier ; le lendemain, les forts de la capitale étaient en la possession de l'ennemi, et nos armées de province n'avaient plus d'objectif. Cette nouvelle fut accueillie par nos soldats avec une morne résigna-

tion : depuis longtemps ils savaient qu'ils ne se battaient plus que pour l'honneur.

L'armistice de trois semaines, conclu le 28 janvier, ne devait commencer que le 31 à midi pour les armées de province, qui en furent informées dans la soirée du 29. A cette date, la division du général Saussier était restée en arrière de la Dives. Quant à l'armée du Havre, elle n'était pas sérieusement sortie de ses lignes de défense ; on s'était borné à mettre en marche une colonne mobile qui occupait Criquetot; en oulre, une reconnaissance avait été dirigée sur Bolbec; là, le 24 janvier, des éclaireurs à cheval du Havre (sous-lieutenant Theymann) avaient poursuivi une patrouille de cavaliers du 10" dragons, dont un fut blessé et fait prisonnier; enfin, quelques francs-tireurs avaient poussé jusqu'à Lillebonne ; mais cette dernière ville n'était pas occupée d'une manière effective. Les ports de la Seine et du littoral, tels que Caudebec, Elretat, Fécamp et Dieppe, avaient été visités par nos croiseurs, mais aucun d'eux n'était protégé d'une façon efficace.

Cependant la basse Seine continuait d'être explorée par notre flottille. Le 29 janvier, la canonnière l'Ori- Jlamme (lieutenant de vaisseau Pic-Paris) remontait le fleuve et arrivait vers huit heures du matin à la hauteur de Guerbaville; là, nos marins se virent en présence du détachement ennemi chargé de la protection des torpilles. Une fusillade s'engagea aussitôt à grande distance, et quelques obus que le commandant Pic-Paris put lancer sans danger pour les habitants, ne tardèrent pas à disperser les Allemands dans toutes les directions. Comme la poursuite n'était pas possible, y Oriflamme redescendit la Seine, n'ayant

Page 1