‹ Campagne de 1870-1871Chapitre 189 sur 207 · CHAPITRE SEIZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEIZIÈME

les ordres du général Vogel de Falkenstein, avaient reçu au début des hostilités la mission de protéger contre elle les côtes de la Baltique.

Tandis que nos marins échouaient ainsi dans leurs tentatives, le général Loysel n'était guère plus heureux dans les siennes. Dès qu'il connut le texte de la convention de Versailles, qui assignait pour la péninsule du Havre une ligne de démarcation allant d'Etretat à Saint-Romain, il protesta contre celte clause par des télégrammes rendus publics et adressés coup sur coup au ministre de la guerre ; il invoquait les arguments du statu quo et de Yuti possidetis dans une question ou, par malheur, il n'y avait d'autre juge que la force. On crut un instant que le Havre , comme Belfort, allait être exclu de l'armistice; sans doute les Allemands n'eussent pas mieux demandé, mais le général Loysel pouvait d'autant moins repousser les conditions du vainqueur, que le général Faidherbe lui-même dut livrer à l'ennemi Abbeiille, avec une portion du territoire qu'il occupait et qu'il avait héroïquement défendu. Une simple démonstration de l'armée du Havre au moment de la bataille de Saint- Quentin l'eût rendue maîtresse de Rouen et de la Seine-Inférieure : n'étant pas sortie de ses lignes, elle s'y vit plus étroitement enfermée que jamais. Toutes les protestations du général Loysel ne furent qu'une occasion pour l'ennemi de se vanter d'avoir réduit son adversaire au silence en le menaçant de la reprise des hostilités : auf clem rechten Seîneufer die Drohung der IViederaitfnahme der Femdseîig/œiten nothivendig wiirde, iim die Bedingungen des II affenstillstandes anerkannt zu sehen '. Malgré ces difficultés,

* V. Schell : Die Operationen der 1. Armée. Berlin.

les clauses relatives à l'application de l'armistice à l'armée du Havre furent ratifiées à Yvetot le 3 février. Le grand-duc de Mecklembourg s'engageait à ne pas laisser franchir par ses avant-postes une ligne qui, partant de Fécamp, passait par Ganzeville, Gonfreville, Bernières, JBeuzevillette et la Trinité pour aboutir à Lillebonne. De son côté, le général Loysel ne devait pas dépasser la ligne qui, partant de Saint- Jouin, passait par Alanneviilette, Rolleville, Saint- Martin-du-AIanoir, Gainneville et aboutissait à Rogerville. Les deux armées se trouvaient ainsi séparées par une zone neutre d'environ vingt kilomètres de largeur.

On sait que sur la rive gauche de la Seine la division du général Saussier avait été dirigée sur Argentan et Ecouché, pour se relier au 19* corps. Elle formait ainsi l'extrême gauche du général Chanzy, et elle garda ses positions pendant la marche du grandduc de Mecklembourg ; après le passage du XIIP corps allemand, cette division se rabattit vers le nord en suivant le cours de la Dives, dont elle occupa le bassin moyen. A la date du 25 janvier, le général Saussier, s'étendant par sa gauche, avait réparti ses troupes à Coulibœuf, Pont-sur-Jort, où se trouvait le quartier général, Saint-Pierre sur Dives et Mézidon. De ce côté de la Seine, l'ambiguïté des clauses de l'armistice devait également faire naître des difficultés. Aux termes de la convention de Versailles, la démarcation était fixée par une ligne qui, partant de Pont-l'Evêque, se dirigeait sur Lignières, au nord-est du département de la Mayenne. Pour avoir une ligne de démarcation complète, il eût fallu la prolonger au nord de Pont-l'Evêque, ce qui eût laissé Honfleur de notre

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