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CHAPITRE DEUXIÈME

Ils s'enfuirent aussitôt dans toutes les directions, abandonnant treize fourgons chargés et une douzaine de chevaux, que les nôtres s'empressèrent de faire passer sur l'autre rive et dirigèrent sur Beauvais.

Le bruit de cette capture s'étant répandu dans les environs, donna aux habitants l'idée de se défendre d'une façon sérieuse, et les hostilités, ainsi commencées, se continuèrent les jours suivants. Le 26, un détachement du 86" régiment de Schleswig-Holstein s'étant avancé dans la direction du château de Stors, essuya, sur le territoire de Alériel, des coups de feu qui lui blessèrent quatre ou cinq hommes. Al'Isle-Adam, le génie français avait détruit, dans les premiers jours de septembre, le pont qui relie cette ville au hameau de Parmain; sur la rive droite, à l'extrémité du pont rompu, une cinquantaine de francs-tireurs improvisés élevèrent une barricade pour empêcher l'ennemi de rétablir le passage. Le 27 septembre, vers neuf heures du matin, un nouveau détachement, appartenant au 7P régiment d'infanterie prussien et fort d'environ trois à quatre cents hommes, arrivait à risle-Adam , escortant une quarantaine de voitures destinées à de nouvelles réquisitions. Poussant devant eux le curé et son vicaire, le maire et un autre habitant, qui devaient leur servir de boucliers, les Prussiens marchent vers le pont; mais un feu nourri, parti de la barricade, en renverse plusieurs, épargnant heureusement les nôtres, et force les assaillants à se réfugier dans les rues de la ville, où ils luttent jusqu'à cinq heures du soir. Ayant reçu dans la journée quelques renforts avec une section d'artillerie, ils lancent sur Parmain une douzaine d'obus, qui n'y causent que quelques dégâts matériels et ne

font aucun mal aux défenseurs. En présence de l'attitude des francs-tireurs, qui leur tuèrent un homme et en blessèrent huit à dix autres, ils se retirèrent dans la soirée sur leur camp de Saint-Brice, après avoir mis le feu à la mairie et fustigé dans la forêt, à la manière prussienne, une dizaine d'habitants inoffensifs, qui n'avaient commis d'autre crime que celui d'être spectateurs de leur déconvenue.

La résistance opposée par cette poignée d'hommes •résolus ne tarda pas à exciter de l'inquiétude parmi les Allemands; le quartier général de l'armée delà Meuse s'empressa de diriger sur l'Isle-Adam un nouveau détachement prussien, commandé parle colonel prince de Hohenlohe, et composé d'un bataillon du 27* d'infanterie, du 1" régiment de uhlans de la garde, et d'une section d'artillerie, avec l'ordre de purger définitivement la contrée. Le 29, vers midi, une partie de cette colonne arrive à l'Isle-Adam, et recommence, sans plus de succès, la tentative faite le 27 pour enlever la barricade de Parmain; mais cette fois l'attaque de front n'a vraisemblablement d'autre but que d'occuper les francs-tireurs, car, pendant ce temps, le reste du détachement jette un pont de bateaux à Mours, près de Beaumont, et s'apprête à franchir la rivière de l'Oise, pour prendre la barricade à revers. Xos francs -tireurs, avertis à temps, évacuent leur position, n'ayant fait d'autres pertes, dans ces divers combats, que celles d'un tué et d'un blessé. Quant à l'ennemi, il avait eu, dans la journée du 29, un chirurgien et deux hommes tués, plus une vingtaine de blessés, dont un officier, appartenant tous au 27* régiment d'infanterie de Magdebourg. Lorsque les Prussiens arrivèrent à Parmain, dans

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