‹ Campagne de 1870-1871Chapitre 20 sur 207 · CHAPITRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIÈME

la matinée du 30 septembre, ils n'y trouvèrent que des habitants inoffcnsils, qu'ils accablèrent de mauvais traitements; une cinquantaine de maisons lurent incendiées à l'aide du pétrole, et le village à demi consumé; celui de iVesles lut bombardé, et plusieurs francs-tireurs, pris dans la campagne les armes à la main, furent fusillés à Persan dans la même journée. L'une de ces victimes était un ancien magistrat, nommé Desmortier, vieillard plus que septuagénaire, dont la bravoure dans un si grand âge aurait désarmé tout autre ennemi. Pour allier le grotesque au tragique, les Prussiens couronnèrent cette sanglante exécution par un de ces exploits qu'on ne grave pas avec la pointe d'une épée : en passant dans une ferme du Val, les fourrageurs font une razzia sur un troupeau de moutons, qu'ils emmènent et essayent de parquer dans une cour de Prestes ; mais ces prisonniers d'un nouveau genre, saisis d'une peur subite, se pressent vers la porte et s'échappent dans la campagne, après avoir bousculé leurs gardiens stupéfaits, qui essayent vainement de les poursuivre.

Ainsi, dans les premiers jours du mois d'octobre, les Prussiens occupaient fortement la vallée basse de l'Oise, sillonnant de leurs patrouilles les cantons de Marines et de Alagny; le 4, ce détachement fut renforcé par le 3^ régiment des uhlans de la garde, et placé sous le commandement du prince Albert (fils). Le prince Albert devait agir de concert avec le comte de Lippe, et nous suivrons plus tard la marche combinée de ces deux détachements.

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