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CHAPITRE III

Suite des entreprises de la cavalerie ennemie sur l'Eure et sur l'Oise, — Situation militaire de la Normandie à la fin du mois de septembre. — Corps du général Gudin dans le département de la Seine-Iuférieure. — Corps du général Dclarue dans le département de l'Eure. — Excursion de la garde nationale de Rouen à Mantes (29 septembre). — Entreprises du détachement de Bredow sur la rive gauche de la Seine. — Rencontre des Aliuet? (30 septembre). — Occupation de Mantes (l*'" octobre). Rencontre d'Aigleville (5 octobre). — Entreprises des Allemands sur la ligne de Chartres. — Embuscades et massacres de Saint-Léjjer-aux-Bois (1-2 octobre). — Combat d'Epenion (V octobre). — Surprise et incendie d'Ablis (8 octobre). — Entreprises des Saxons et des Prussiens sur la rive droite de la Seine. — Rencontres de Gournay (2 octobre) et d'Armentières (5 octobre). — Incendie d'Héricourt (6 octobre). — Occupation de Compiègne (7 octobre). — Apparition des Prussiens à Gisors (6 octobre).

La présence des Allemands à Mantes et à Béarnais avait semé au loin l'effroi parmi les populations de la Normandie, et l'alarme était grande dans les départements d'Eure-et-Loir, de l'Eure et de la Seine- Inférieure, qui se sentaient de plus en plus menacés, et qui allaient avoir à subir d'un jour à l'autre les incursions et les déprédations des fourrageurs ennemis. Ces craintes n'étaient que trop fondées, et la situation était devenue des plus sombres dans les derniers jours de septembre, au moment où la France, après d'irréparables désastres, apprenait encore la chute de Toul et celle de Strasbourg. La capitale , étroitement investie, ne pouvait songer qu'à elle-même; la province, abandonnée à ses propres ressources, était réduite à se débattre dans la confusion et l'impuissance, et se trouvait désormais livrée à tous les hasards et à tous les périls de la résistance locale.

D(' jà l'Empire, ayant risqué sa dernière armée et à la veille de s'écrouler, avait fait appel à son armée administrative pour la création de nos réserves. Le ministre de l'intérieur reçut la mission de réunir en quelques heures, au moyen du télégraphe, les ressources que le ministre de la guerre avait eu des années pour organiser. Les préfets furent chargés de convoquer la garde mobile, de pourvoir à son habillement, à son équipement, à son armement et à sa solde, de favoriser la formation des corps francs, et d'activer celle des compagnies de marche de la garde nationale. Des fonctionnaires civils, remplissant des fonctions analogues à celles de nos inspecteurs généraux, furent envoyés en province pour s'assurer de l'exécution des mesures prescrites. Cette .mission fut dévolue, pour la Normandie, à M. le conseiller d'Etat Oscar de Vallée, dont la tournée se trouva interrompue par la nouvelle de la catastrophe de Sedan. Ce qui restait en France d'anciens militaires subit avec tristesse, mais avec résignation, les inspections et les revues de ces personnages civils. Si seulement on s'était borné à se servir de notre machine administrative pour habiller, soigner et ravitailler les divers contingents, peut-être que l'on eût pu tout réparer; mais, au lieu de s'occuper exclusivement d'administration, les autorités civiles prétendaient s'immiscer dans la direction militaire, imposer des plans et ordonner des mouvements; les % généraux et les chefs de corps, au lieu d'avoir à songer uniquement à leurs troupes, sont forcés de compter avec les préfets, les maires et les conseils municipaux, qui, loin de les aider, les contrecarrent, leur enlèvent toute initiative, et parla même le sen-

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