‹ Campagne de 1870-1871Chapitre 26 sur 207 · CHAPITRE TROISIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIEME

bombarder et de l'incendier, tout en fouillant de ses obus les bois où les éclaireurs s'étaient réfugiés. Ceuxci, bien que bors de portée, ripostèrent par une fusillade qui eut pour résultat de maintenir à distance l'infanterie bavaroise. Pendant près de trois heuresl'artillerie ennemie ne cessa de tonner, et plus de cent obus tombèrent sur les Alluets, où ils mirent le feu à une grange et endommagèrent plusieurs habitations. Les nôtres, qui couraient risque d'être enieloppés dans les bois, furent avertis par les gens du pays, qui leur servirent de guides, et ils se retirèrent, sans cesser de tirailler, par Ecquevilly et par Mareil-sur-Mauldre. L'ennemi en les poursuivant lança encore une douzaine d'obus sur le village d'Herbeville, et brûla, à la Falaise, la maison d'un paysan pris les armes à la main. A la suite de cet engagement, qui ne causa d'autre perte à l'ennemi que celle du dragon tué le matin, et aux nôtres qu'une seule blessure sérieuse, les Prussiens occupèrent Maule, et les Eclaireurs de la Seine se replièrent sur Mantes, où ils arrivèrent à la nuit. Dans la matinée du lendemain, 1" octobre, le général de Bredow fit son entrée à Mantes à la tête de la colonne dont nous avons donné plus haut la composition, et qui pouvait être forte d'un peu plus de 2,000 hommes. Les Eclaireurs de la Seine, rejoints par des francs-tireurs de Rouen et du Havre, venaient de quitter la ville quelques heures auparavant et n'eurent que le temps de se retirer à Dammartin, pour se rabattre pendant la nuit suivante dans la direction de Vernon et de Louviers.

Il ne restait plus pour couvrir Evreux de ce côté que la garde mobile de l'Eure. Dès le 22 septembre.

le l" bataillon avait rté envoyé à Vernon, avec l'ordre d'occuper la foret de Bizy. Le 2 octobre, le 3" bataillon du même département fut dirigé d'Evreux sur Pacy, avec mission de barceler l'ennemi qui occupait Alantes et de le gêner dans ses réquisitions, mais il avait l'ordre de se retirer devant des forces supérieures, en se conformant aux instructions contenues dans la circulaire ministéiielle du 21 septembre sur l'emploi de la garde mobile. Le 3, sur l'ordre du lieutenant-colonel d'Arjuzon, commandant le 39" régiment de la mobile de l'Eure, les 1" et S*" bataillons se réunirent à Chaufour, et poussèrent une reconnaissance jusque près de Bonnières, après quoi ils reprirent les positions qu'ils occupaient précédemment. Dans la matinée du 4 octobre, la 2^ compagnie du 1" bataillon (capitaine de Saint-Foy , envoyée de Port-Villez en reconnaissance vers Bonnières, s'y trouva tout à coup en présence du gros du détachement ennemi venu de Alantes; elle eut à essuyer le feu de son artillerie, et dut se replier sur V^ernon, d'où la garnison se retira peu de temps après sur Gaillon et Louviers. Après avoir fait incendier et détruire la garcî de Bonnières, sous le prétexte qu'on avait tiré quelques coups de fusil sur ses éclaireurs du haut d'une locomotive blindée, le général de Bredow se porta dans la direction de Pacy. Le commandant Power, cbef du 3'' bataillon qui occupait celte ville, fut informé que l'ennemi s'était dirigé sur Bréval, et il apprit sa présence à Bonnières. Menacé ainsi de deux côtés, il prit ses dispositions en vue d'une attaque qui devenait imminente. Il lit occuper Saint- Chéron par trois compagnies, en plaça deux auhes dans les bois qui se trouvent en avant de Pacy, le long

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