‹ Campagne de 1870-1871Chapitre 28 sur 207 · CHAPITRE TROISIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIEME

avoine et fourrages, qu'il dirigea aussitôt sur les magasins de l'armée d'investissement.

Pendant ces entreprises du détachement de Dredow sur la rive gauche de la Seine, la 6° division de cavalerie (général-major duc de Alecklembourg-Schwerin), qui opérait à la gauche de la 5'' , s'avançait sur Chartres en suivant la ligne de Paris à Rambouillet.

Le 1" octobre, une patrouille du 16* hussards de Schleswig-Holstein tentait de se mettre en communication avec le général de Rheinbaben ; entre Saint- Léger-aux-Bois et Condé-sur-Vègre, au lieu dit les Pins-du-Phalanstère, elle tomba dans une embuscade dressée par des gardes nationaux des communes voisines et des francs-tireurs de Saint-Léger, et elle eut deux cavaliers tués et cinq blessés. Dans ce pays couvert de forêts, les paysans s'étaient organisés pour inquiéter l'ennemi, et chaque jour ses fourrageurs étaient reçus à coups de fusil. Pour mettre fin à cette résistance, le duc de Mecklembourg donna l'ordre à un bataillon du 11* régiment bavarois « de Tann j) de faire une battue dans la forêt. Dans la matinée du 2 octobre, les Bavarois cernèrent la commune de Poigny et se mirent en devoir de fouiller les bois. Aux abords de l'étang de la Cerisaie, ils égorgèrent froidement deux bergers dans la hutte desquels ils avaient trouvé un vieux fusil; puis ils les suspendirent par les pieds aux arbres de la route , le corps labouré de coups de sabre et les entrailles pendantes \ A Saint-Léger-aux-Bois , pour venger les pertes essuyées la veille par les hussards, ils pendirent le maire par son écharpe à la porte de sa mairie,

* Voy. Desjardius : Tableau de la guêtre des Allemands. Versailles.

58 LA GTERRE DAXS L'OUEST.

fusillèrent un garde national et emmenèrent seize habitants comme otages. Deux de ces malheureux, effrayés, essayent de fuir; ils sont impitoyablement massacrés; l'un d'eux, lorsqu'il reçut le coup mortel, tenait ses deux enfants par la main. Là cnc'bre, les meurtriers branchèrent les cadavres de leurs victimes, supplice que les bourreaux du moyen âge réservaient aux voleurs de grands chemins. Un récit allemand de la dernière guerre ', récit illustré, dans lequel la plume rivalise souvent avec le crayon pour l'extravagance, nous appiend le nom de celui qui présidait à l'exécution de ces hautes-œuvres. C'était le major de Ceumen, un philanthrope, nous dit-on : dci' mcnschenfrciimUiche Major von Beitmen. Si cet officier est un type d'humanité, on se demande ce que peut être le commun des Bavarois, ses compatriotes.

Pendant ces escarmouches, l'ennemi, qui occupait en force Rambouillet, poussait de fréquentes reconnaissances jusqu'à Epernon. Le 4 octobre, le colonel d'Alvcnsleben , à la tête de la 15* brigade de cavalerie , de deux compagnies d'infanterie du régiment du corps et du IP bavarois, et d'une batterie, se porta lui-même sur cette ville, menaçant ainsi le département d'Eure-et-Loir. Ce département était tout à fait dépourvu de moyens de défense.

Dès que les communications avaient été coupées avec Paris, le généial Boyer, commandant de la subdivision militaire, se conformant aux instructions qu'il avait reçues du ministre, s'était retiré dans l'Orne avec les mobiles placés sous son commande-

' Voy. Ililil : Der franzosische Krieg von 1870 und 1871. Bielefeld.

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