CHAPITRE TROISIEME
ment, afin qu'ils pussent achever leur instruction et acquérir quelque solidité. Mais cet olfîcier général se trouvant en désaccord avec les comités de défense, fut relevé de ses fonctions, et les mobiles rappelés à Chartres. A la nouvelle de l'approche de l'ennemi, le préfet d'Eure-et-Loir, qui, comme tant d'autres fonctionnaires civils, ne craignait pas d'ordonner des mouvements militaires, dirigea sur Epernon les 2° et 4^ bataillons de la garde mobile de son département (lieutenant-colonel Alarais); renforcés par quelques gardes nationaux et par des francs-tireurs du pays, ils allèrent occuper le plateau des Marmousets et celui de la Diane, qui dominent la ville à une faible distance et sont séparés par une vallée étroite que traverse la grande route du côté de Rambouillet '. Le 4 octobre, entre dix et onze heures, l'ennemi parut, et commença la canonnade. Après une lutte sérieuse de plusieurs heures, dans laquelle le commandant Lecomte tomba bravement à la tête du 4' bataillon d'Eure-et-Loir, et qui coûta, tant aux mobiles qu'aux gardes nationaux de Droué, quinze tués et une trentaine de blessés, les nôtres, écrasés par l'artillerie, se virent forcés d'abandonner le terrain et de se retirer sur Chartres. D'après les états de pertes du bureau statistique prussien auxquels nous nous en rapportons, bien qu'ils soient souvent inexacts, le colonel d'Alvensleben avait eu, de son côté, dans cette journée, sept hommes tués et vingt-quatre blessés, dont un officier. Le soir même, il entra à Epernon; le lendemain, il s'occupa de faire des réquisitions, et
* Voy. de Coynart : La guerre à Dreux. Paris.
Voy. Enyel : Die Verluste der deutschen Armecn. Berlin.
le 7, il retourna à Rambouillet, emmenant son butin et laissant derrière lui quelques détachements.
L'un de ces détachements, composé du 4' escadron du IG" régiment de hussards de Schleswig- Holstein et d'un piquet d'infanterie du 11" régiment bavarois, occupait Ablis, bourg riche et important, situé sur les confins du département de Seine-et-Oise. Le 8 octobre, un peu avant le jour, les Allemands y furent surpris et attaqués par environ cent trente francs -tireurs de Paris (commandant Lipowski), venus de Denonville. Après une demi-heure de combat, les nôtres se replièrent, emmenant avec eux soixante-dix prisonniers et près de cent chevaux. Dans ce hardi coup de main , qui leur coûta deux hommes seulement, les francs-tireurs de Paris tuèrent six Prussiens et en blessèrent cinq autres; parmi les premiers se trouvait le capitaine Ulrich, chef de l'escadron des hussards et du détachement. Malheureusement les représailles ne devaient pas se faire attendre : à neuf heures du matin, l'ennemi revient avec des forces considérables pour venger son échec de la nuit; le village est envahi et cerné; quatre paysans, rencontrés dans les rues, sont massacrés sans pitié; le maire est averti que s'il ne paye pas sur l'heure une contribution de cinq mille francs, on va incendier sa commune; puis, quand l'argent est versé, le feu est mis aux habitations, et le bourg est brûlé de fond en comble; dans sa soif de vengeance , l'ennemi n'épargne même pas l'ambulance dans laquelle on a soigné ses blessés. Vingt-deux otages sont enchaînés et traînés au quartier prussien du Mesnil- Saint-Denis par le général-major de Schmidt, chef de la division de cavalerie, qui menace de les retenir