‹ Campagne de 1870-1871Chapitre 37 sur 207 · CHAPITRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIÈME

de recevoir au besoin des renforts de l'armée d'ini^estissement.

Les Prussiens de Gisors avaient la mission d'observer Rouen ; les Saxons de Beauvais surveillaient Amiens. Ces derniers, ayant appris que Breteuil, évacué au commencement du mois, avait été depuis réoccupé par nos troupes, résolurent de faire contre cette ville une expédition dont la date fut fixée au 12 octobre. On se rappelle qu'à la suite d'une fausse alerte la ville de Breteuil avait été abandonnée au commencement du mois. Quelques jours plus tard, le 6, le général Paulze d'Ivoy , commandant à Amiens, la fit réoccuper par le 4® bataillon de la garde mobile de la Somme (commandant Huré); ce bataillon, fort d'environ 1,200 hommes, détacha une compagnie à Tartigny, et plaça ses avant-postes au Mont-Joie sur la route de Clermont, à Caply sur celle de Beauvais, et au bois du Gard sur celle de Crèiecœur. Dans la nuit du 11 au 12, on reçut, à Breteuil, plusieurs renseignements qui tous concordaient et annonçaient une attaque certaine pour le lendemain.

Le 12 octobre, deux détachements partaient en effet de Clermont et de Beauvais dans cette intention. Celui de Beauvais, conduit par le général Senift, se composait de cinq escadrons et d'une batterie ; celui de Clermont, commandé par le major de Funcke, était fort de quatre escadrons, deux sections d'artillerie, et deux compagnies d'infanterie montées sur des charrettes qui avaient été réquisitionnées le long de la route. Vers midi cette dernière colonne arrivait à la hauteur de Beauvoir, et l'alerte était donnée par notre grand'garde établie au moulin à vent du Alont-Joie. Le général Senfft voulait, paraît-il, investir complète-

ment Brcteuil, ce qui lui eût été facile avec sa nombreuse cavalerie ; mais avant qu'il eût l'ait part de ses projets au major de Funcke, celui-ci avait déjà établi son artillerie sur le Mont-Joie et ouvert le feu sur deux compagnies de mobiles qui débouchaient par la roule de Vendcuil. Grâce à la résistance de ces mobiles et à l'énergie de quelques gardes nationaux de Brcteuil qui, embusqués derrière les bouquets de bois et les haies, tinrent en respect les tirailleurs ennemis, le reste du bataillon de la Somme put prendre position au nord de la ville et se déployer sur le plateau qui s'étend jusqu'à Esquennoy et Paillart.

Au bruit du canon, plusieurs détachements de gardes nationaux des environs de Breteuil se dirigèrent résolument vers cette ville pour prendre part à la résistance, mais aucun d'eux ne put y pénétrer. Les pompiers et les volontaires de Blancfossé, au nombre d'une soixantaine environ, s'étant dirigés sur Fléchy, aperçurent de cette position le bataillon de la Somme : ils essayent de se joindre à lui, mais arrivés à une faible distance, ils sont subitement enveloppés et pris par un escadron ennemi qui a franchi la Noyc à l'est de Brcteuil. Déjà les dragons s'apprêtent à donner une escorte à leurs prisonniers, lorsqu'ils essuient eux-mêmes une décharge des mobiles qui les force de lâcher leur capture et d'abandonner le terrain. D'autres cavaliers qui s'étaient avancés trop près des jardins de la ville et avaient fait également quelques prisonniers sont reçus de la même façon par les gardes nationaux de Brcteuil et s'enfuient en perdant plusieurs des leurs, blessés ou démontés. Il règne en ce moment un épais brouillard, et le feu

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