CHAPITRE GIXQUIÈME
colonel Cassagne avait évacué Evreux, et les patrouilles ennemies avaient pu s'avancer jusqu'aux abords de cette ville, entièrement dégarnie de troupes. Les quelques bataillons de mobiles qui, dans les premiers jour du mois, occupaient Pacy-sur-Eure et Vernon, s'étaient repliés surConcheset surLouviers. Les éclaireurs de la Seine, depuis la rencontre des Alluets, s'étaient établis aux environs de Pont-del'Arcbe, où ils se réorganisaient, de façon à pouvoir reprendre leurs opérations dans la seconde quinzaine d'octobre. •
Dès qu'il avait eu connaissance de cet abandon d'une partie du département de l'Eure, le général Gudin avait fait passer sur la rive gauche de la Seine un escadron du 12*^ chasseurs commandant Sautelet), appuyé par quatre compagnies du 94' de ligne. Arrivé à Gaillon le 6 octobre, le commandant Sautelet réoccupa Vernon le 8; aux troupes que nous venons de désigner, s'étaient joints le 1" bataillon de la garde mobile de l'Eure et les francs-tireurs de Louviers. D'autre part, des secours ayant été demandés par le département de l'Eure au commandant de la subdivision militaire du Calvados, le général Law de Lauriston, celui-ci s'était empressé d'y envoyer le régiment des mobiles du Calvados lieutenant-colonel de Beaurepaire). Le colonel Cassagne put donc faire réoccuper Evreux le 7 octobre, et pousser le lendemain les mobiles du Calvados jusqu'à Pacy-sur-Eure. Il avait déjà reçu comme renfort, à la date du 3 octobre, le l"bataillonde la garde mobile de l'Ardèche, qui allait être bientôt suivi des autres bataillons du même département, en sorte qu'à la date du 8 octobre, il avait des forces plus que suffisantes pour
couvrir Evreux. De son côté, le général de Malherbe, commandant la subdivision de l'Orne, avait envoyé à Dreux, le 6 octobre, le 2* bataillon de la garde mobile de son département (commandant des jVIoutis).
Ainsi, pour résumer la situation militaire sur la rive gauche de la Seine au 8 octobre, il y avait, du côté de l'ennemi, la 5° division de cavalerie en observation sur la rivière de l'Eure, mais principalement concentrée sur sa gauche, vers Houdan ; elle était forte de trente-six escadrons, avec deux bataillons bavarois, en tout environ six à sept mille hommes et douze canons. Nous avions à la même date, de Dreux à Pacy et Vernon, un escadron de chasseurs , quatre compagnies de marche de la ligne et neuf bataillons de mobiles; total : environ dix mille hommes, sans artillerie. C'était assurément un effectif respectable; malheureusement les bataillons qui le formaient, au lieu de relever d'un commandement unique , restaient sous les ordres directs des chefs de quatre subdivisions territoriales, qui dépendaient eux-mêmes, pour la plupart, des comités locaux, en sorte que ce petit corps d'observation ne devait pas tarder à se disloquer.
Le G octobre, les éclaireurs de la 11^ brigade de cavalerie (général-major de Barby), partirent de Saint- Cyr, et s'avancèrent le long de la ligne du chemin de fer de Surdon jusqu'à Garancières; dans cette expédition, un uhlan du 18* régiment fut blessé par des francs-tireurs , près du hameau du Breuil , ce qui valut aux habitants le pillage et un surcroît de réquisitions. Le lendemain, un hussard du 3' régiment a Zieten » , qui faisait partie d'une patrouille appartenant à la 6* division de cavalerie et venue de Ram-