‹ Campagne de 1870-1871Chapitre 47 sur 207 · CHAPITRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME

bouillet, reçut un coup de feu aux environs de Condésur-Vègre. Les Prussiens revinrent deux jours après pour incendier le village, et tuèrent d'une balle un habitant qui fuyait dans les bois.

Ce fut le 8 octobre que le général de Rheinbaben, pour appuyer le duc de Mecklembourg, vint s'établir à Houdan, avec le gros de ses forces. Le même jour, une vingtaine de hussards prussiens, appartenant au 10' régiment de Magdebourg et à la 13' brigade de cavalerie (général-major de Redern), se présentèrent à Chérisy, où ils firent des réquisitions, et poussèrent jusqu'à Dreux. Arrivé aux portes de cette ville, le chef de la patrouille fit remettre au maire un billet réclamant des logements pour une colonne imaginaire dans laquelle figuraient deux régiments d'infanterie. Le maire répondit aux hussards que la ville de Dreux ne se rendrait pas à une poignée de fourrageurs, et que s'ils ne se retiraient pas au plus vite, les habitants allaient leur donner la chasse. L'officier ennemi, tirant sa montre, persista plus que jamais à annoncer l'arrivée prochaine de la colonne qu'il disait précéder : il jugea prudent toutefois de faire demi-tour, et se retira à fond de train sur Chérisy. Là , les hussards faisaient une halte pour prendre leur repas et laisser souffler leurs chevaux, quand, vers deux heures de l'après-midi, ils furent surpris par des gardes nationaux de Dreux, qui, s'étant mis à leur poursuite, leur tuèrent un cheval et leur firent un prisonnier.

Comme on l'a vu plus haut, le 2^ bataillon de la garde mobile de l'Orne * était arrivé à Dreux quel-

^ V'oy. des Moutis : Le 49 régiment des mobiles de l'Orne. Alençon.

ques jours auparavant; de là il s'était porté àNogentle-Roi, en observation sur Epernon, qui avait été occupé par les Allemands à la suite du combat du 4 octobre. Ayant appris l'apparition des hussards prussiens à Dreux, le commandant des Moutis se rendit dans cette dernière ville sans perdre de temps, et, dans la nuit du 8 au 9, il prit ses dispositions pour recevoir l'ennemi, s'il se présentait de nouveau. Le 9 octobre, un détachement combiné, fort d'environ deux compagnies, deux escadrons et deux pièces, revint en effet à Chérisy pour prendre les réquisitions que les hussards avaient levées la veille. Vers onze heures, les Allemands sont en vue : fidèles à leur tactique, ils fouillent les bois de leurs obus, et en couvrent le terrain dans toutes les directions, afin de tenir les nôtres à distance. Des gardes nationaux de Dreux et des volontaires des environs s'étaient portés sur Chérisy dès le matin, afin de maintenir l'ennemi de front et de le menacer sur sa droite, tandis que les mobiles de l'Orne l'attaqueraient sur son flanc gauche. A une heure, ces derniers, venus de Villemeux, entrent en ligne : à la vue de ces compagnies qui débouchent des bois de Aïarsauceux, l'ennemi se retire précipitamment, sans prendre le temps d'enlever ses réquisitions, et laissant derrière lui quelques fantassins chargés de garder le pont de Chérisy. Attaqué vigoureusement, ce petit poste est bientôt enlevé par les nôtres, et le reste de l'infanterie bavaroise , forcé d'abandonner son butin et de passer sous le feu des éclaireurs de Dreux, embusqués dans les bois de Raville, est promptement mis en déroute. Dans cette affaire, un ou deux des nôtres seulement furent blessés ; les

Page 1