‹ Campagne de 1870-1871Chapitre 48 sur 207 · CHAPITRE CIXQUIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CIXQUIÈME

fantassins bavarois du 2' régiment « Prince royal » essuyèrent des pertes sensibles : trois d'entre eux furent tués, et une dizaine blessés ou faits prisonniers.

En apprenant les résultats de la journée, le souspréfet de Dreux appela les gardes nationaux les plus rapprochés de la ligne du chemin de fer, et demanda des renforts '. A sa sollicitation, le S*" bataillon de la mobile de l'Orne (commandant Boudonnet) reçut l'ordre de se porter sur Dreux, afin de coopérer avec le 2^ bataillon à la défense de cette ville.

Le commandant des Moutis, prévoyant bien que, fidèle à ses habitudes de représailles, l'ennemi reviendrait en force pour venger son échec de la veille, fit barricader, dans la matinée du 10 octobre, les ponts de Chérisy et de Mézières; le premier fut gardé par les mobiles, le second par les gardes nationaux du pays. A droite, des éclaireurs de Dreux (capitaine Troncy) occupèrent les bois qui s'étendent vers Marsauceux ; à gauche, d'autres volontaires (capitaine Laval) furent dirigés sur les bois de Raville. Une compagnie de mobiles avait été établie de grand'garde en avant de Chérisy; vers onze heures et demie, cette compagnie se repHait à la hâte sur la barricade, annonçant la présence d'une colonne ennemie qu'elle évaluait à deux mille hommes, infanterie, cavalerie et artillerie. Quelques instants après, le canon commençait à fouiller les bois ; puis les uhlans hanovriens du 13' régiment parcouraient rapidement une ligne allant de Germainville au village de Mézières ; arrivés aux abords de ce village, ils furent accueillis par la fusillade de nos tirailleurs, qui leur tuèrent

* Voy. de Cojnart : La guerre à Dreux. Paris.

un homme, en mirent un autre hors de combat, pt blessèrent cinq ou six chevaux. Derrière ces cavaliers, les tirailleurs bavarois s'étaient déployés à droite et à gauche des hauteurs de Chérisy, et, sous la protection de leur artillerie, ils forcèrent les nôtres à rallier leurs réserves. Sur ces entrefaites, des détachements de la garde nationale de Laigle, suivis du 3" bataillon de la garde mobile de l'Orne, arrivèrent comme renforts. Ce dernier bataillon fut formé en deux colonnes : l'une devait tourner l'ennemi sur la droite, par la vallée de l'Eure et le village de Alézières; l'autre, s'avancer par la gauche, en longeant le chemin de fer, jusqu'à la ferme de la Mésangère; mais la colonne de gauche se vit arrêtée au tunnel du Petit-Chérisy, et celle de droite, en arrivant dans le village de Alézières, essuya quelques coups de canon, qui causèrent dans ses rangs une hésitation bientôt changée en panique. Le njouvement était manqué; mais au centre, le commandant des Aloutis, avec les mobiles de son bataillon , armés de fusils Chassepot, et avec les gardes nationaux de Dreux, se maintint dans ses positions et contint les efforts de l'ennemi, qui essaya plusieurs fois, mais inutilement, de s'emparer du pont de .Chérisy.

Pendant ce temps les fantassins bavarois, la torche à la main, mettaient le feu à la ferme de la Alésangère et à une soixantaine de maisons de Chérisy. C'était un nouvel exemple de la guerre de terreur; le général de Bredow, car c'était lui, renouvelait les scènes de Mézières, par lesquelles il s'est acquis dans ces malheureuses contrées une renommée impérissable. Vers quatre heures, son œuvre de dévastation achevée et sa vengeance assouvie, il reprit le chemin

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