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CHAPITRE VI

Événements sur la rive droite de la Seine dans la première quinzaine de novembre. — Capitulation de Metz (27 octobre). — Xégociations de AI. Thicrs à Versailles. — Rencontres de Alainneville (30 octobre) et de Formerie (3 novembre). — Embuscades de Suzay et deRicheville (2 et 3 novembre). — Embuscades du Montcbel (31 octobre) et de Maignelay (2 novembre). — Embuscade d'Etrépagny (5 novembre). — Rencontre du Tbil (6 novembre). — Embuscades de Gommccourt (1", 4 et 6 novembre). — Sac de Guitry et de Forèt-la-Folie (7 norembre). — Embuscade de Bazincourt (8 novembre). — Incendie d'Hébécourt (10 novembre). — Expédition des Saxons à Ravenel (16 novembre).

Les petits succès de Villegats et de Formerie avaient relevé le moral des défenseurs de la Normandie, en leur montrant que leurs adversaires, Bavarois ou Hanovriens, Saxons ou Prussiens, n'étaient pas invincibles. Mais cette confiance fit presque aussitôt place à un découragement profond quand , à la fin d'octobre, on eut la confirmation de la fatale nouvelle annoncée par le général Sentft aux habitants de Beauvais, et que l'on connut la capitulation de Metz. Cette catastrophe, qui livraitàl'enneminotredernière armée régulière, anéantissait du même coup notre dernière espérance. On sentait que la lutte devenait impossible ; on commençait à parler de la paix ; et dans ce moment même, M. Thiers , après avoir tenté de réveiller en notre faveur les vieilles sympathies européennes, faisait à Versailles, pour obtenir un armistice , de patriotiques efforts que secondaient la Russie et l'Angleterre, Cette démarche politique, de la plus haute gravité , influait nécessairement sur la

situation de nos armées de province, et c'est pour ce motif que, dans les premiers jours de novembre, il n'y a nulle part à signaler autre chose que des rencontres ou des opérations de peu d'importance au point de vue militaire ; si nous exceptons toutefois le mouvement de la IP armée allemande, que ces négociations favorisaient et qui allait faire échouer les efforts de l'armée de la Loire.

Au lendemain même du combat de Formerie, le général Briand , qui avait à peine eu le temps de connaître ses troupes, fut mis, sur sa demande, en disponibilité pour cause de santé. Il est probable qu'il avait rencontré les mêmes difficultés que son prédécesseur, et que la raison alléguée n'était pas la raison véritable, car il fut placé peu de jours après à la tête de la 1" brigade du 18^ corps d'armée , en formation à Nevers. Le colonel de Tucé, du 12' chasseurs, promu au grade de général de brigade, remplaça le général Briand dans la 2' division militaire, qui, par suite de l'organisation des régions de l'ouest et du nord, se trouvait réduite à la subdivision de la Seine-Inférieure. Néanmoins ce dernier commandement ne cessa pas d'exister, et il fut dévolu au colonel d'Espeuilles, qui conserva en même temps la di» rection militaire dans le pays de Bray.

A la suite du combat de Formerie, ce bourg resta gardé par le 1" bataillon de la mobile de l'Oise; en outre, le colonel d'Espeuilles fit faire de fréquentes patrouilles par ses hussards, qui, le 30 octobre, poursuivirent à Alainneville les uhlans du l'"' régiment de la garde prussienne, et aux environs de Formerie, le 3 novembre, ceux du 18' régiment saxon ; ils firent un prisonnier dans chacune de ces rencontres. Le 1"^ no-

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