CHAPITRE SIXIÈME
venibre, Gaurnay fut réoccupé par le 5' bataillon de marche (commandant Barreau) et le 8" bataillon des mobiles du Pas-de-Calais (commandant Darceau).
Dès le 28 octobre, les 2*" et 3' bataillons de la mobile de l'Oise (commandants Labitte et Leclère;, qui, avec le premier, formaient le 53' régiment de mobiles (lieutenant-colonel de Canecaude) , avaient été dirigés du Havre sur les Andelys, puis sur Cuverville et sur Fresne-l'Archevêque, où ils inaugurèrent leur entrée en campagne par deux rencontres heureuses avec la cavalerie ennemie. Le 2 novembre, une compagnie postée de grand'garde dans les bois de Suzay fit feu sur une patrouille de uhlans du 3*^ régiment de la garde et la mit en fuite après lui avoir tué un sousofficier. Le lendemain , les uhlans étant revenus en petit nombre pour chercher le cadavre de leur camarade, essuyèrent de nouveau la fusillade des mobiles aux abords de Richeville; dans cette seconde affaire un uhlan fut tué , un autre blessé, et un sousofficier fait prisonnier. Comme ces escarmouches avaient lieu près de nos cantonnements, les Prussiens n'essayèrent point d'en tirer vengeance.
Dans l'Oise , au même moment , les patrouilles saxonnes n'étaient pas mieux accueillies. Le 31 octobre, les dragons de la garde s'étant avancés juscju'aux portes de Montdidier, essuyèrent une fusillade aux environs du moulin de Alontchel, et perdirent un des leurs. Etant retournés dans la même direction le 2 novembre, ils tombèrent entre Maignelay et Plainval dans une embuscade dressée par les éclaireurs du 3* bataillon de la mobile du Gard (capitaine Bayle). Après avoir eu deux ou trois hommes et autant de chevaux tués ou blessés, les dragons s'enfuirent.
laissant entre les mains des mobiles un prisonnier; le nombre en eût été plus considérable, si certains habitants de la contrée, sans doute pour s'attirer les bonnes grâces de ces fourrageurs, n'en avaient caché quelques-uns, qu'ils renvoyèrent ensuite à Clermont; l'ennemi lui-même ne laissa pas de trouver cette conduite extraordinaire dans un pays aussi fanatisé que le nôtre : Gewiss ein seltenes VorJwmmniss in diesem so fanât i sir t cm Lande '.
Le 5 novembre, de grand matin, sept uhlans du 1" régiment de la garde prussienne, partis de Gisors en reconnaissance, traversaient Etrépagny. En débouchant de cette ville vers le Thil, ils essuyèrent le feu d'une douzaine de tirailleurs havrais de la 1'* compagnie, embusqués en cet endroit, et tournèrent bride aussitôt, poursuivis par les balles; l'une d'elles coupa la bride d'un cheval dont le cavalier roula désarçonné. Le chef de la patrouille mit pied à terre, aida son compagnon à se remettre en selle, après quoi ils reprirent ensemble leur course vers Gisors; mais, arrivés à la sortie d'Etrépagny, ils se trouvèrent de nouveau face à face avec d'autres francs-tireurs qui leur barraient le passage. Le chef de la patrouille rebroussa chemin; jugeant la position critique, il avait d'abord fait signe qu'il voulait se rendre ; mais, apercevant tout à coup sur sa droite un sentier qui conduisait dans la plaine, il s'y engagea résolument et parvint à s'échapper sain et sauf dans la direction de la Broche, en franchissant les haies et les clôtures. Quant au cavalier dont le cheval avait été blessé, après avoir fait des prodiges pour essayer de s'échap-
1 Voj . Dask.s. Garde-Reiter Régiment iinFeldzuge 1870-1871. Piroa.