‹ Campagne de 1870-1871Chapitre 70 sur 207 · CHAPITRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIÈME

d'Orléans. Après l'occupation de cette ville, le grand quartier général prussien avait d'abord pensé à diriger le général de Tann soit sur Tours, siège du gouvernement de la défense nationale, soit sur Bourges, où s'étaient retirées nos troupes et où se trouvait notre grand établissement d'artillerie ; mais le général de Tann, ayant jugé ces entreprises au-dessus de ses forces, reçut l'autorisation de se maintenir à Orléans avec le 1" corps bavarois et la division de Stolberg, en observation contre Bourges. Quant aux divisions de Wittich et prince Albert, elles reçurent l'ordre de rejoindre l'armée d'investissement, après avoirfait une forte reconnaissance dansl'Ouest, en passant par Chartres et Dreux. Leur mouvement commença le 17. Le 19, elles s'emparent des ruines de la ville de Châteaudun, après avoir rencontré là une héroïque résistance, dont le récit est encore à écrire, bien qu'on en ait publié plusieurs. Le 20, elles continuent leur marche sur Chartres, et elles y entrent le lendemain sans coup férir, par suite d'une convention conclue avec les autorités civiles '. Le 23 octobre, le général de Wittich reçut l'ordre de suspendre sa marche sur Paris, de rester en observation à Chartres et d'envoyer de fortes colonnes mobiles dans la direction de Dreux.

En présence des forces considérables qui la menaçaient, cette dernière ville avait été évacuée dans la nuit du 21 au 22 octobre; mais elle fut réoccupée le 23 par les L" et 1^ compagnies de fusiliers-marins de Cherbourg, le 15' régiment de mobiles du Calvados, les 1" et 2' bataillons du Lot-et-Garonne, le

' \. Wittich. Aus meiiiem Tagcbuche 1870-1871. Gassel.

3' l)ataillon de la Manche, une demi-ballerie du 7' d'artillerie, un peloton de gendarmes et une compagnie de francs-tireurs, en tout environ 7,000 hommes. Ces troupes furent placées sous les ordres du capitaine de frégate du Temple, qui prit le commandement supérieur avec le rang de général de brigade. A peine installé à Dreux, le général du Temple fit occuper Chérisy par trois compagnies du 1" bataillon du Calvados, et, le lendemain, le reste de ce bataillon, sous les ordres du commandant Reynaud, alla s'établir à la ferme de l'Epinay, en avant de la bifurcation des routes de Chartres et deChâteauneuf. Dans cette position, nos troupes étaient menacées de deux côtés à la fois : sur la droite, c'est-à-dire sur la route de Chartres, par le général de Witlich, et sur la gauche, c'est-à-dire sur la route de Paris, par le général de Rheinbaben, qui tous deux avaient l'ordre de se mettre en communication à Dreux.

Le général de Rheinbaben lança à cet effet, dans cette direction, la brigade de Barby, qui, partie le 23 octobre des environs de Xeauphle-le-Château et de Pontchartrain , arriva le même jour à Houdan et poussa SCS patrouilles jusque dans les villages de Havelu, Goussainville et Broué, où elles essuyèrent des coups de feu. Dans la matinée du 24, le général de Barby, dans le but de reconnaître Dreux, s'avança jusqu'à Chérisy, qu'il trouva occupé par une grand'garde du 1" bataillon du Calvados. Arrivés à peu de distance du poste avancé des mobiles, les dragons oldenbourgeois du 19' régiment mettent pied à terre et commencent la fusillade, tandis que les uhlans du 13* régiment hanovrien se préparent à charger. Les mobiles parviennent néanmoins à rallier leur réserve.

Page 1