‹ Campagne de 1870-1871Chapitre 71 sur 207 · CHAPITRE SEPTIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIEME

Un seul, le garde Binet, fut tué après avoir rendu chèrement sa vie : surpris dans une maison de Chérisy par trois cavaliers, il refuse de se rendre; il couche en joue l'un de ses agresseurs et le met en fuite, mais son fusil rate et il ne lui reste que la baïonnette dont il perce un autre adversaire; saisissant un troisième à la gorge, il est sur le point de l'étrangler, quand surviennent d'autres ennemis qui le transpercent de leurs lances et fendent d'un coup de sabre la tête de ce héros obscur'. Traversant Chérisy, les uhlans se déploient jusqu'à la rivière de l'Eure sous le feu des mobiles postés sur la rive opposée; le capitaine baron de Durant, qui commande l'escadron ennemi, s'étant trop avancé, est démonté ainsi que son trompette. Après avoir passé la journée à explorer inutilement nos avant-postes, sans pouvoir reconnaître Dreux, le général de JBarby se retire dans la soirée sur Houdan.

Le même jour, le général de Wittich avait envoyé sur la route de Chartres un premier détachement, composé d'un bataillon , de deux escadrons et d'une section de pionniers, sous les ordres du major de Conring, qui avait occupé Alarville , poussant ses avantpostes jusqu'à la ferme des Veux-Bleds. De ce côté, une section du 1'' bataillon des mobiles du Calvados (capitaine Le Hardyi occupait lafermede l'Epinay; à la tombée de la nuit, elle eut aiec l'ennemi une rencontre dans laquelle un fantassin du 95' régiment prussien fut tué et un autre blessé grièvement. Environ une heure après, une fusillade autrement terrible éclatait, non loin de là, au lieu dit les Cinq-Chênes,

< V. Erlebtmsc des 1. hannov. L'ianen-Regiments n° 13. H.innover.

et mettait en émoi la ville de Dreux. Voici ce qui s'était passé dans cette direction : le général du Temple, averti de la présence du faible détachement qui occupait Marville, avait conçu le projet de le surprendre par une attaque de nuit; mais dans cette tentative il se produisit une déplorable méprise; arrivés à la hauteur des Cinq-Chénes, les mobiles du 2' bataillon du Calvados se fusillèrent et s'entretuèrent misérablement '. Une douzaine d'hommes périrent, parmi lesquels le capitaine-adjudant-major de Chivré, du 3* bataillon des mobiles de la Manche; une soixantaine furent plus ou moins grièvement blessés. A la suite de cette catastrophe, le général du Temple se vit dans la nécessité de se replier derrière la rivière de l'Avre dans la nuit du 24 au 25 octobre. ,

Le 25, les uhlans se montrèrent vers onze heures du matin sur la route de Chartres, et, quelques heures après, la ville de Dreux fut occupée par une fraction de la cavalerie de la 6" division, sous les ordres du général-major de Schmidt, avec le 95^ régiment d'infanterie, un détachement de pionniers et deux batteries d'artillerie. Le 2G, malgré un temps pluvieux, le général de Schmidt laissa Dreux sous la garde d'une partie de ses forces, et partit lui-même à la tète d'un détachement de toutes armes dans la direction d'Anet, où il devait se mettre en communication avec la cavalerie de la brigade de Redern qui occupait liantes. Mais cette brigade ayant devant elle, à Vernon et à Pacy, des forces respectables, ne pouvait pas découvrir son flanc droit, et elle se contenta

1 V^ Récifs historiques de la garde mobile du Calvados. Caen.

Page 1