CHAPITRE SEPTIEME
d'envoyer ses patrouilles jusqu'à Gilles. Quant au général de Schmidt, il fouilla la foret de Dreux et s'avança jusqu'à Anet, essuyant quelques coups de feu à Alarcilly-sur-Eure ; puis , après avoir fait reconnaîlre Irry-la-Bataille, et envoyé dans la direction de Houdan des patrouilles qui furent reçues à coups de fusil par les francs-tireurs et les gardes nationaux du pays, il revint à Dreux dans la soirée. Tandis qu'il s'était avancé sur Anet, ses pionniers avaient coupé la voie ferrée à Saint-Remi-sur-Avre, ce qui dénotait de sa part des intentions purement défensives. Il ne tarda pas, en effet, à se replier sur Chartres, et, en s'éveillant le 28 octobre, les habitants de Dreux furent étonnés de se voir débarrassés de sa présence. Le motif de cette retraite fut bientôt connu : le général du Temple, qui, à la suite de l'affaire du 24 octobre, s'était retiré sur Saint-André avec son corps de mobiles et de marins, était venu camper le 27 à Louye, au Mesnil et à Saint-Germain, sur la rive gauche de l'Avre. En outre, une concentration de troupes françaises s'opérait également vers Senonches, et le général de Schmidt avait jugé prudent de se rapprocher de Chartres et de prendre position à Theuvy et aux environs. Il resta là, en observation sur Châteauneuf et Courville, jusqu'à ce qu'il fût rappelé à Chartres, la division de Wittich ayant reçu l'ordre d'appuyer le général de Tann, auquel nos préparatifs sur la Loire avaient donné l'éveil.
Le général du Temple, de son côté, ayant dû se concentrer sur Verneuil et la forêt de Senonches dans les derniers jours d'octobre, la ville de Dreux, après le départ des Prussiens et l'éloignement des
troupes irançaiscs, se vit abandonnée aux visites alternatives ou simultanées des patrouilles ennemies et des corps francs. Depuis la fin d'octobre jusqu'à la mi-novembre, il n'y a donc aucun fait important à signaler sur la rive gaucbe de la Seine; cbaque jour, cependant, nos reconnaissances rencontrent celles de l'ennemi, et il en résulte de légers engagements où nos fantassins ont l'avantage : les francs-tireurs dressent, sur toute la ligne de l'Eure et dans les environs de Dreux, des embuscades dans lesquelles les éclaireurs du général de Rbeinbaben ou du général de Scbmidt viennent donner de confiance et que nous allons énumérer sommairement.
Le 31 octobre, une patrouille des uhlans hanovriens de la brigade de Barby, partie de Houdan sous la conduite du lieutenant de Treskow, s'aventura jusqu'aux environs d'Anet et d'Ivry-la-Bataille ; elle fut poursuivie par les francs-tireurs du Puy-de- Dôme (capitaine Bezelgues), auxquels s'étaient joints des gardes nationaux du pays, et elle parvint à grand'peine à s'échapper en laissant entre leurs mains un prisonnier : dans cette rencontre, les ublans eurent en outre un homme et plusieurs chevaux tués ou blessés.
Le même jour, une douzaine de hussards du 1 P régiment, appartenant à la brigade de Redern, qui occupait Mantes et les environs, furent envoyés du Breuil en réquisition à Bréval. Assis la bride au bras dans les rues du village, ces cavaliers attendaient sans défiance la livraison des fournitures qu'ils avaient réclamées, lorsqu'ils essuyèrent une vive fusillade partie de la grille d'une habitation voisine. C'était une compagnie du 3' bataillon de la mobile de l'Eure