‹ Campagne de 1870-1871Chapitre 74 sur 207 · CHAPITRE SEPTIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIEME

Le 11 novembre, la garnison de Mantes envoie un fort détachement de réquisition à Bonnières. Vers 10 heures du matin, 300 Allemands entrent dans la ville et canonnent sans résultat les mobiles qu'ils aperçoivent sur les hauteurs. Un feu de peloton des francs-tireurs de l'Eure (capitaine Lortie) blesse un fantassin bavarois et met en fuite le reste du détachement.

Le même jour, ta Dreux, des francs-tireurs de Laigle et de Mortagne, embusqués dans la gare, y surprennent une douzaine de cuirassiers du 6' régiment prussien, dont trois sont tués, un quatrième blessé et un cinquième fait prisonnier. La ville de Dreux s'attendait à des représailles pour ce dernier coup de main; mais elle en fut préservée par la présence de forces françaises assez considérables, qui avaient été concentrées aux environs de Verneuil et de Senonches. La municipalité demanda du secours au général du Temple, qui fut autorisé à occuper la ville. Parti de Verneuil, il fit sa rentrée à Dreux le 13 novembre à la tête des forces suivantes : le 3^ bataillon des fusiliers-marins de Cherbourg, placé sous les ordres du lieutenant de vaisseau Picot j le régiment de la garde mobile du Calvados (commandant de Labarthe); les 2* et 3^ bataillons de la Manche, un demi-escadron de chasseurs, un peloton de gendarmes, quelques francs- tireurs, en tout, 6 à 7,000 hommes avec une batterie de pièces de 4.

La brigade de Barby, qui, depuis le 23 octobre, n'avait cessé d'occuper Houdan, avait des grand'gardes à Goussainville, Saint-Lubin et Gressey, observant ainsi la vallée de l'Eure et envoyant fréquemment des patrouilles dans la direction de Dreux.

Dans la matinée du 14 novembre, quatre ulilans Hanoi riens, s'étant présentés aux environs de Bu, reçurent une décharge des francs-tireurs de la Gironde (commandant Dutrénit) et des gardes nationaux du pays; deux de ces cavaliers furent tués et un troisième blessé; un seul put s'échapper vers Goussainville d'où la patrouille était partie. Vers onze heures, les uhlans revinrent en force avec deux pièces d'artillerie, lancèrent quelques obus sur le village et incendièrent une maison. Mais le général du Temple avait été prévenu à temps : deux compagnies de marins et trois bataillons de mobiles, appuyés par une section d'artillerie, marchèrent sur Bu et débouchèrent vers trois heures de la foret de Dreux. Les marins, la baïonnette baissée, s'élancèrent aussitôt dans le village où étaient restés quelques uhlans ; mais ces derniers ne les attendirent pas; ils s'enfuirent à toute bride pour rejoindre leur escadron qui était resté en observation, et qui disparut bientôt à son tour, après avoir essuyé une vingtaine de coups de canon.

La vue de nos marins et le bruit de notre artillerie qu'il entendait pour la première fois firent croire au général de Rheinbaben qu'il allait être attaqué sur-lechamp; il s'empressa d'évacuer Houdan pour se retirer vers Gressey, et il télégraphia le soir même au grand (juartier de Versailles qu'il avait rencontré, en position entre Dreux et Cu, des masses de troupes de toutes armes qui paraissaient avancer sur Houdan. Dans cette même journée, des coups de feu avaient été échangés à Rosny, à la lîelle-Côte, àBoissy-Mauvoisin et à Gilles entre leséclaircurs de la brigade deRcdern, venus de Mantes, elles francs-tireurs ou les mobiles;

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