‹ Campagne de 1870-1871Chapitre 77 sur 207 · CHAPITRE SEPTIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIEME

landis que la 22' division , le 1" corps bavarois et la C*" division de cavalerie reçoivent l'ordre de s'avancer le lendemain dans la direction de Châteauneuf. Dans la journée du 16 novembre, les troupes du grand-duc Mecklembourg se trouvent donc écbelonnées entre Chartres et Maintenon ; le grand-duc a son quartier général à Epernon, et il l'établira le lendemain à Nogent-le-Roi.

C'est à la même date que le lieutenant général de Treskow I, aide de camp du roi de Prusse et chef de son cabinet militaire, vint prendre à Maintenon le commandement de la 17' division qui occupait cette ville, avec son avant-garde et sa cavalerie à Xogentle-Roi. Dans l'après-midi du 10, une patrouille de nos chasseurs d'Afrique (sous-lieutenant Marochetti), partie de Dreux, rencontra les premiers éclaireurs du grand-duc aux environs de Villemeux, sur la route de Nogent-le-Roi; c'étaient des cavaliers du IV régiment de uhlans , qui furent poursuivis jusqu'au delà de Chaudon; mais on était encore loin de s'attendre à une attaque prochaine. En l'absence de toute cavalerie, ou d'une cavalerie suffisante pour s'éclairer, nos chefs militaires en étaient réduits aux rapports des populations ou des autorités civiles, lesquelles n'étaient que trop portées à exagérer les forces ennemies et à annoncer la présence d'un corps d'armée là où il n'y avait qu'un bataillon; en sorte que, pour ne pas tenir les troupes dans des alertes perpétuelles, on en était arrivé à ne plus croire que ses yeux.

Les forces dont le général du Temple disposait pour la défense de Dreux, consistaient, comme on l'a vu plus haut, en un bataillon de marins et cinq ba-

taillons de mobiles, un petit nombre de chasseurs à cheval , gendarmes et francs-tireurs , en tout moins de 7,000 hommes sans artillerie. Dans la journée du 17 novembre, ces troupes furent réparties, delà gauche à la droite, dans les positions suivantes : à Abondant, le 2* bataillon de la mobile de la Manche; de Chérisy à la route de Nogent-le-Roi, en arrière du Luat-Clairet, le 1" bataillon du Calvados, ayant en avant de lui, à Sainte-Gemme, une compagnie de fusiliers-marins; aux hameaux du Luat et de Nuisement, le 3' bataillon de la Manche, appuyé à sa droite vers la route de Chartres par deux compagnies de fusiliers-marins; de la route de Chartres à la petite rivière de la Biaise, en avant de Vernouillet, le 3" bataillon du Calvados; en seconde ligne, à Dreux, le 2' bataillon du même département. A la droite du général du Temple se trouvaient : à Garnay, sur la rive gauche de la Biaise, le 4" bataillon de la mobile d'Eure-et-Loir et le 2' à Tréon , sur la rive droite de la même rivière. On doit noter toutefois que ces deux derniers bataillons n'appartenaient pas au corps de Dreux; ils faisaient partie de celui qui était établi à plusieurs lieues plus loin, vers Châteauneuf et Senonches , sous les ordres du lieutenant-colonel Marty. Pour ne nous occuper que du corps du général du Temple, on voit qu'il était déployé d'Abondant à Vernouillet, s'appuyant par sa gauche à la forêt de Dreux et par sa droite à la rivière de la Biaise, couvrant à la fois les routes de Paris et de Chartres. On sait qu'il devait être attaqué simultanéinent par ces deux routes, puisque les généraux de Trcskoiv et de Rheinbaben avaient reçu l'ordre d'agir de concert contre Dreux. Pour la durée de ce mouvement, le

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