CHAPITRE SEPTIÈME
de l'après-midi, il faisait attaquer le Luat-Clairet par le major de Gaza, commandant le 14' bataillon de chasseurs mecklembourgeois. Le Luat n'était que faiblement gardé par une compagnie du 3^ bataillon de la Alanche, renforcée au début de l'action par une autre compagnie du même bataillon. Après une courte mais vive résistance, les mobiles de la Alanche durent abandonner le Luat pour occuper en arrière les bois de la Garenne, qui offraient une position plus avantageuse, et oii se trouvait une partie du 1" bataillon du Calvados. Presque aussitôt deux batteries, placées sur les hauteurs qui s'élèvent au sud du Luat, couvrent ces bois de leurs projectiles, et les mobiles sont encore une fois dans la nécessité de céder cette nouvelle position à l'ennemi. Le 1" bataillon du 90® régiment mecklembourgeois pousse alors une pointe sur le hameau de Sainte-Gemme, mais bientôt il se replie devant l'énergique résistance des marins qui défendent ce point, et qui ne l'évacuent que sous le feu d'une nouvelle batterie vomissant ses obus des hauteurs du village de Saint-Denis-de-Moronval.
Pendant cette attaque du colonel de Manteuffel et de l'avant-garde sur notre gauche, le gros de la division ennemie portait son principal effort contre notre centre, à Nuisement et à Rieuville. Le hameau de Nuisement, ainsi qu'on l'a dit plus haut, était occupé par le reste du 3' bataillon de la Alanche, qui s'étendait par sa droite jusqu'à la route de Chartres, où il était appuyé par les deux compagnies de marins postées là dès le début de l'action. C'est sur ce point que se concentre la résistance. Sur l'ordre du général de Treskow, un bataillon du 89* régiment de grenadiers mecklembourgeois, couvert par une longue ligne de
tirailleurs, s'avance pour attaquer Nuisement; à cette vue, les braves marins de l'équipage de « la Gauloise» veulent s'élancera la baïonnette; mais chaque fois qu'ils essayent de déboucher de leurs positions , une grêle d'obus les force à y rentrer. Croyant avoir aperçu nos cavaliers dans la direction du Luat, le général prussien y lance aussitôt sa brigade de cavalerie ; protégé par le feu de son artillerie , le major de Zeuner, à la tête du bataillon niecklembourgeois du 89% continue sa marche sur les plantations qui s'étendent au sud-est de Nuisement; déjà ses tirailleurs, derrière lesquels s'avancent des compagnies serrées en masse, vont atteindre le hameau; nos marins, qui ne tirent plus, les laissent s'approcher jusqu'à la lisière des jardins et les reçoivent tout à coup par une décharge meurtrière qui éclaircit les rangs ennemis; mais d'autres tirailleurs se détachent des réserves et ne tardent pas à remplacer ceux qui sont mis hors de combat. Les mobiles du 3'' bataillon de la Manche, bien qu'armés de mauvais fusils à piston, n'en soutiennent pas moins énergiquement la lutte; et le capitaine de Mons, qui leur donne l'exemple, tombe à leur tête mortellement frappé. Menacés d'être enfermés dans ce cercle de feu qui va se rétrécissant, nos soldats, après avoir tenu quelque temps l'ennemi en échec, évacuent Nuisement et se replient au nord dans la direction de Rieuville, poursuivis par les volées de l'artille rie et menacés sur leur gauche par les chasseurs qui débouchent du Luat. Notre centre étant ainsi refoulé, le général de Treskoiv s'avance avec le gros de ses forces par la route de Chartres, ayant à sa gauche son infanterie serrée en masse , à