CHAPITRE SEPTIEME
lées par nos propres ambulances, furent de sept tués et de quarante-huit blessés, appartenant, pour la plupart, au 89° régiment mecklembourgeois qui avait essuyé le l'eu de nos marins. Nos troupes, en y comprenant les mobiles d'Eure-et-Loir, comptèrent trenle-quatre tués, dont trois officiers, et une soixantaine de blessures sérieuses. L'ennemi ne nous fît que quelques rares prisonniers, et, pour en grossir le nombre, il enleva dans nos hôpitaux une vingtaine de convalescents précédemment blessés à Epernon , à Chérisy et dans la catastrophe des Cinq-Chênes.
Si le général du Temple put soutenir pendant plus de deux heures une lutte aussi disproportionnée, et si le général de Malherbe put opérer sans encombre sa retraite sur Nonancourt, ils le durent principalement à une circonstance tout à fait fortuite qui se produisit sur leur gauche au moment même du combat de Dreux, et qui empêcha le général de Rheinbaben d'y prendre part.
Notre corps d'observation de la vallée de l'Eure se composait, à la date du 17 novembre, des régiments de la mobile de l'Ardèche et de l'Eure , du 6' bataillon de la Loire-Inférieure, des éclaireurs de Normandie et des francs-tireurs de l'Eure, du Puy-de-Dôme et de Seine-et-Oise, en tout sept à huit mille hommes récemment armés de fusils Snider ou Chassepot; il était placé depuis quelques jours sous les ordres du lieutenant-colonel Thomas, de la mobile de l'Ardèche, lequel avait remplacé le colonel Mocquard, retourné avec son régiment sur la rive droite de la Seine.
Le colonel Thomas, qui avait placé le centre de son commandement à Aigleville, avait pour mission
d'occuper la ligne de Vernon à Pacy-sur-Eure et Ivry-la-Bataiile, et de maintenir l'ennemi au delà de la rivière de l'Eure, sans chercher, de son côté, à la franchir. Chaque jour les reconnaissances et les patrouilles échangeaient des coups de fusil dans cette contrée, notamment à la Belle-Côte, à Boissy-Mauvoisin, à Bréval et à Gilles, où les mohiles et les francs-tireurs malmenaient les patrouilles des 10^ et 11' hussards qui éclairaient la brigade de Redern. Les gardes nationaux de Rouvres, de Saint-Ouen et de Berchères s'étaient mis de la partie, et, grâce à leur connaissance du terrain, ils inquiétaient sérieusement les fourrageurs. Le 16 novembre, à la suite d'une chasse qu'ils leur avaient donnée, ces gardes nationaux demandèrent aux mobiles, cantonnés à Ivry-la-Bataille, et chargés d'empêcher les réquisitions dans la vallée basse de la Vègre, un appui qui leur fut promis pour le lendemain.
Le 17 novembre, la 1"^ compagnie du 2*= bataillon de l'Ardèche, partie d'Ivry-la-Bataille en reconnaissance, poussait jusqu'au hameau de Marchefroy, oii elle s'arrêtait vers dix heures du matin. Là, elle envoyait à la découverte une patrouille d'une douzaine d'hommes, qui, contournant les vallons et passant par Berchères et laVille-l'Evêque, arrivait par le bois de la Butte et le hameau de la Fossc-Louvière, en face des avant-postes de la brigade de Barby. En môme temps, les gardes nationaux de Rouvres et des environs s'avançaient par le bois d'Illiers, traversaient la Vègre au moulin de Billy, puis se portaient vers le hameau du Cornet, en traversant celui de Biennouvienne. A mesure que les mobiles et les gardes nationaux s'approchaient, les vedettes enne-