CHAPITRE SEPTIEME
mies se repliaient, tirant de temps à autre un coup de pistolet comme signal. Ces cavaliers étaient les mêmes uhlans hanovriens qui avaient perdu quelquesuns des leurs aux environs de Bu, les 14 et 15 novembre; c'étaient eux qui avaient alors donné l'alarme au général de Rheinbaben , et, depuis cette époque, ils n'avaient pas débridé. Ils étaient cantonnés au hameau de Brunel, au sud de Gressey, couverts par une grand'garde établie au hameau des Friches et par des vedettes échelonnées de Saint-Lubin-de-la-Haye au Cornet.
Le général de Rheinbaben prenait ses dispositions pour appuyer à Dreux le général de Treskou , lorsque la présence de nos mobiles et de nos gardes nationaux lui fut signalée. Averti le premier à Richebourg, le général de Barby se mit aussitôt sur ses gardes, comme s'il allait avoir sur les bras toutes nos forces réunies de la rive gauche de la Seine. Cependant le seul renfort arrivé aux nôtres dans cet intervalle était la section des francs-tireurs de l'Iton capitaine Houdellierre), forte de vingt-huit hommes. Ces francs-tireurs, campés sur la côte Robin, à l'est de Rouvres, avaient aperçu ce qui se passait, et, traversant la vallée, ils étaient venus s'établir, vers midi, dans le bois de la Butte.
En ce moment, on n'entendait plus que quelques rares coups de fusil. Les uhlans du 13^ régiment s'étaient retirés en arrière de Brunel; les gardes nationaux occupaient le hameau des Friches, et les mobiles la ferme de Biennouvienne. Vers une heure de l'après-midi, le général de Barby, arrivé avec des renforts et ayant eu tout le temps de reconnaître la faiblesse numérique de ses adversaires , prend tout à
coup «ne vigoureuse offensive. Il dirige sa cavalerie, 13^ ulilans et 9*^ dragons, sur le Méziard, la laudwehr de la garde sur Biennouvienne , tandis qu'il fait ouvrir le feu par son artillerie, mise en batterie sur les hauteurs du Cornet. Aux premiers coups de canon, les nôtres, qui croyaient n'avoir affaire qu'à quelques uhlans, s'aperçoivent que la lutte est impossible; ils battent en retraite, en continuant toutefois à tirailler; les gardes nationaux de Rouvres se replient par Billy et Berchères ; ceux de la Villel'Eveque et les mobiles se retirent en plaine dans la direction de la Fosse-Louvière, en se couvrant de tous les obstacles qu'ils rencontrent. Les landweliriens fouillent les fermes de Biennouvienne et du Cornet et y font une razzia de tous les hommes valides qui sont gardés à vue au hameau de la Mare. Les douze mobiles de l'Ardèche, qu'accompagnait encore une dizaine de gardes nationaux de Berchères et de la Ville l'Evéque, ont gagné la lisière du bois de la Butte où se trouvent les francs-tireurs de l'Iton. Le feu a cessé, et l'on pourrait croire l'escarmouche terminée; mais ce n'est qu'un moment de répit pendant lequel le général de Barby prend ses dispositions pour déloger les nôtres de la retraite qu'ils ont choisie. Vers trois heures, les mobiles aperçoivent, de la ferme de la Ville-l'Evéque, une patrouille de quelques cavaliers, qui vient éclairer les hauteurs de Berchères; ils préviennent le corps franc de l'Iton, et aussitôt mobiles et francs-tireurs s'élancent à la poursuite des uhlans jusqu'aux abords du village; mais quelques minutes se sont à peine écoulées qu'un escadron les prend en flanc et les charge avec furie; il s'engage alors entre cette poignée d'hommes et la ca-