‹ Campagne de 1870-1871Chapitre 84 sur 207 · CHAPITRE SEPTIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIEME

Le combat de Berchères, dans lequel une poignée de braves gens occupa toute une journée la 5' division de cavalerie allemande, est un fait d'armes aussi beau par lui-même que par ses résultats. D'après les ordres qu'il avait reçus la veille du grand-duc de Mecklembourg, le général de Rheinbaben devait, tout en surveillant la Seine, réunir à Houdan ses forces disponibles et refouler jusqu'à Dreux les détachements français qu'il rencontrerait. Il ne fit de ce côté aucun mouvement sérieux dans la journée du 17; il se contenta d'envoyer sur la route de Dreux une reconnaissance composée d'un bataillon du 1" régiment de la landuehr de la garde, de deux escadrons du 16* uhlans et d'une section d'artillerie. Le gros de cette reconnaissance s'arrêta à Marolles, elles uhlans seuls poussèrent jusqu'à nos avant-postes de Chérisy, 011 ils perdirent un des leurs. Le même jour, une patrouille du 11* hussards se présenta de nouveau à Gilles et fut reçue par les francs-tireurs du Puy-de- Dôme, qui abattirent un cheval et blessèrent le cavalier. Les rencontres qui avaient eu lieu à Bu les 14 et 15 novembre, avaient fait supposer au général de Rheinbaben que la forêt de Dreux était fortement occupée; le combat de Berchères lui fit croire à une attaque sérieuse de notre corps de l'Eure , attaque à laquelle il craignit de prêter le flanc. Sans doute, l'issue de la journée du 17 dut lever tous ses doutes à cet égard; mais, pendant ce temps, la retraite de nos troupes sur Nonancourt avait pu s'effectuer sans encombre. Ce fut seulement dans la matinée du 18 novembre que le général de Rheinbaben fit son entrée à Dreux, avec les brigades de Bredow, de Barby et celle de la landwehr de la garde. Il fut chargé

de poursuivre le corps du général du Temple, qui, depuis la veille au soir, se trouvait sous les ordres directs du général de Malherbe.

Quant au grand-duc de Meckleinbourg, qui avait son quartier général à Nogent-le-Roi et qui occupait la ligne de Châteauneuf à Dreux, il fit exécuter à ses troupes une conversion à gauche, la 22* division formant le pivot et la 17' l'aile marchante, avec le I" corps bavarois en réserve. L'intention du grandduc était de poursuivre sa reconnaissance dans la direction de Tours, afin de s'éclairer sur l'état de nos forces. Il allait ainsi envelopper et refouler successivement les diverses troupes que des ordres directs du ministre de la guerre avaient disséminées en avant des forêts du Perche.

Le premier corps qu'il rencontra était commandé par le lieutenant-colonel Marty, ancien major de place; il avait à peu près la même force et la même composition que celui du général du Temple, et il était établi, depuis quelque temps, à la Ville-aux-Nonains et aux environs , en avant de la forêt de Senonches, dans des positions que l'on avait rendues formidables au moyen de coupures et d'abatis. La marche de l'ennemi sur Dreux avait fait malencontreusement sortir le colonel Marty de ses défilés inextricables, et, à la date du 17 novembre, il occupait, entre les forêts de Châteauneuf et de Senonches, une ligne qui s'appuyait par sa droite à la rivière de l'Eure et par sa gauche à la Biaise ; il s'était établi à Saint-Maixme, avec trois compagnies du S'bataillon du 36" de marche ; le 1" bataillon du même régiment (commandant Senaux) était détaché sur la droite, vers la Loupe; trois compagnies du 3*^ bataillon ^com-

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