CHAPITRE SEPTIEME
mandant Perrot) étaient cantonnées à Digny, et le 2" bataillon (commandant Laflaquièrej, envoyé d'abord comme renfort sur ce dernier point, fut ensuite dirigé sur Saint-Ange-Torçay, où il arriva dans la nuit du 17 au 18, après une marche longue et pénible. Le commandant Laflaquière avait reçu l'ordre de se poster, avant le jour, sur la lisière de la forêt de Châteauneuf, d'observer la route de Dreux, et de résister le plus énergiquement qu'il pourrait aux attaques probables de l'ennemi.
Ces bataillons du 36' de marche , qui formaient le noyau du corps de Senonches, devaient être plus ou moins reliés entre eux par des mobiles et des francstireurs; éparpillés sur une étendue hors de proportion avec leur effectif, ils n'auraient pu, dans les circonstances ordinaires, résister une heure aux forces qu'ils avaient devant eux; mais un brouillard intense, qui régna pendant toute la journée du 18, déroba au grand-duc la faiblesse numérique de ses adversaires, et permit à nos corps isolés et incohérents d'arrêter jusqu'au soir la marche de son armée.
Déjà, dans la journée du 17, au moment du combat de Dreux, quelques coups de feu avaient été échangés, sur la lisière de la forêt de Châteauneuf, entre nos avant-postes et les éclaireurs ennemis; dans une de ces rencontres, des cuirassiers du régiment de Brandebourg n° 6 furent blessés ou démontés près de la ville de Châteauneuf, que l'artillerie du général de Schmidt nous força d'abandonner. Plus au sud, sur la route de Chartres à Nogent-le-Rotrou , les cavaliers du 16" régiment de hussards allèrent se heurter, à Landelles, contre un poste des mobiles de l'Orne, qui leur tint tête énergiquement et leur fit
tourner bride après leur avoir tué ou blessé une dizaine d'hommes.
Dans la journée du 18, le grand-duc de Mecklembourg eut encore à livrer quelques combats isolés, à Torçay, à Ardelles et à Digny; mais c'est à Torçay qu'il rencontra la plus sérieuse résistance.
Arrivé dans ce hameau vers trois heures du matin, le commandant Laflaquière avait pris immédiatement ses dispositions de défense, envoyé des guides à la découverte et reconnu l'extrémité nord de la forêt de Chateauneuf. Cette partie de bois , nommée la Queue-de-Fontaine, s'étend de Chateauneuf à Fontaine-les-Ribouts, en suivant une gorge assez profonde qui n'offre, dans toute sa longueur, que deux passages praticables à l'artillerie et à la cavalerie, ceux de Saint-Jean- de-Rebervillers à Epineux, et de Morvillette à Torçay. C'est ce dernier défilé que le commandant Laflaquière était particulièrement appelé à défendre. Il fit fouiller la forêt, et, avant l'aube, il porta sur la lisière, en face des hameaux de Criloup et de Morvillette, les 3' et G" compagnies de son bataillon ; il posta les 2" et 4' dans deux bouquets de bois qui commandent le pont et le ravin de Saint- Vincent, avec l'ordre de défendre solidement cet important passage et de recueillir, le cas échéant, les compagnies placées en première ligne ; enfin, les deux dernières furent tenues en réserve dans le hameau même de Torçay, d'où elles détachèrent de petits postes pour surveiller l'ennemi. L'effectif total de ces six compagnies était d'environ neuf cent cinquante hommes.
Le général de Wittich, qui, pendant le combat de Dreux, se tenait en communication à Tréon avec le