CHAPITRE SEPTIEME
général de Treskow, avait établi son quartier généra) etiegrosde sa division àAIarville; il occupait, en outre, Boullay-les-Deux-Eglises, Saint-Sauveur, Alorolieu et la Touche. Son avant-garde s'étendait sur une ligne allant de Levasville à Mondétour ; elle se composait du 94* régiment d'infanterie de Thuringe « grand-duc de Saxe » , de trois escadrons du 13' hussards et deux batteries; elle était commandée par le lieutenantcolonel d'Heuduck, du 13' hussards.
Dans la nuit du 17 au 18, au moment même où le 2' bataillon du 36*" de marche arrivait à Torçay, le général de Wittich recevait l'ordre de s'avancer sur la Loupe, suivi par le P"^ corps bavarois. Mais, entre sept et huit heures du matin, ses éclaireurs essuyèrent, sur la lisière de la foret, des coups de feu qui lui donnèrent l'éveil. Cette attaque ne lui permettait guère de se mettre en marche en laissant la Queuede-Fontaine occupée sur ses derrières ; c'est pourquoi il donna l'ordre au lieutenant-colonel d'Heuduck de se porter sur Morvillette et Criloup, de nous attaquer, de chercher à nous faire des prisonniers et de nous poursuivre jusqu'à la Biaise. Il le fit appuyer par le 83^ régiment et une batterie, qui se portèrent de Boullay-les-Deux-Eglises sur Levasville; il fit observer Saint-Jean-de-Rebervilliers par un bataillon et un peloton de hussards qui occupaient Saint-Sauveur, se tenant prêt lui-même à marcher sur Levasville avec le reste de sa division.
Vers neuf heures, l'action s'engagea entre les 1" et 2* bataillons du 94' régiment de Thuringe et les 3' et 6' compagnies du 36^ de marche, postées sur la lisière de la forêt. Après avoir contenu quelque temps des forces cinq ou six fois supérieures, ces deux compa-
gnies furent forcées d'abandonner les positions qu'elles occupaient. Elles se replièrent sur les 2" et 4' compagnies (capitaines de Castelnau et Malard), qui défendaient le pont et le ravin de Saint-Vincent, et la résistance que l'ennemi rencontra sur ce point le força de cesser le feu après une heure et demie de combat.
Profitant de ce répit, le commandant Laflaquière forme sa ligne de bataille et envoie reconnaître Saint- Jean-de-Rebervillicrs par la G" compagnie , qui trouve ce défilé occupé et se replie sur le bataillon après avoir essuyé une vive fusillade. Menacé d'être tourné sur sa droite par ce dernier village, et sur sa gauche par celui de Fontaine-les-Ribouts, n'ayant reçu aucune communication ni aucun renfort du colonel Marty, et ne pouvant compter que sur ses propres ressources, le commandant Laflaquière poste une section derrière des murs en pisé qui flanquent les abords de Torçay, renforce la gauche de ses tirailleurs et déploie en seconde ligne sa 6* compagnie. A onze heures, l'ennemi dirige sur toute l'étendue de notre front une attaque générale. La 22^ division tout entière est mise en mouvement : le lieutenantcolonel d'Heuduck, avec la 43' brigade, continue ses efforts contre la partie nord de la Queue-de-Fontaine, tandis que le général de Wittich, avec le reste de ses troupes, se dirige par Saint-Sauveur sur Châteauneuf, où sa tète de colonne arrive vers midi.
La situation des défenseurs de Torçay devient de plus en plus critique ; menacés sur leur droite par le ]nouvcment du général de Wittich qui va leur couper toute retraite, ils ont à contenir de front la brigade d'Heuduck; celle-ci porte tous ses efforts sur le ravin