‹ Campagne de 1870-1871Chapitre 88 sur 207 · CHAPITRE SEPTIP:ME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIP:ME

vingl-douze blessés et une centaine de prisonniers ou disparus. Parmi les tués, se trouvaient le capitaine Malard et le sous-lieutenant Thynus; ils avaient héroïquement disputé le terrain à l'ennemi et étaient tombés dans le passage même qu'ils avaient mission de défendre, à l'endroit où la piété des habitants de Saint-Ange-Torçay a élevé depuis un monument à leur mémoire. Le 94' régiment allemand, qui prit à cette affaire la part la plus sérieuse , accuse treize hommes tués, parmi lesquels l'enseigne porte-épée de Biilow, et vingt-cinq blessés.

Si, dans ce combat, nos pertes furent réellement supérieures à celle de l'ennemi , il n'y a là rien d'extraordinaire dans les conditions oii nous nous trouvions, puisque six compagnies françaises avaient tenu bon pendant cinq heures contre une brigade allemande; toutefois, le capitaine prussien qui commandait les fusiliers du 94' à l'attaque de Torçay, et qui a écrit plus tard l'historique de son régiment, en a tiré les conséquences tout à fait inverses. D'après cet officier, le commandant Laflaquière, attaqué de front par la brigade d'Heuduck, menacé sur sa droite par le resfe de la division de Wittich, et sur sa gauche par l'avant-garde et la cavalerie du général de Tresko\i , aurait eu l'avantage de la position et du nombre : in giinstifjer Stellung undan Zahl iiberlegen war '. Cette assertion est au moins aussi ridicule que l'exagération qu'il nous reproche à propos de l'évaluation des pertes allemandes. La même remarque peut s'appliquer à l'ordre du jour daté du 19 novembre, par lequel le grand-duc félicite les troupes qui ont pris part au

^ V.Francke. Z^ai'S. thiiringische Infanterie-Régiment X»^ 94. Weimar

ce brillant combat de la veille, et qui, sans le se- « cours de l'artillerie, ont enlevé Torçay h coups de V crosse et de baïonnette. « Les Prussiens se sont, en effet, servi dans Torçay de la crosse et de la baïonnette, mais contre un traînard qui s'était réfugié dans une grange et qui y fut massacré après l'action. Quant à la prise du village par les Allemands, sans que leur artillerie l'eût préalablement réduit en cendres, c'est une circonstance assez extraordinaire, il est vrai, pour qu'elle mérite d'être citée; mais la cause en est dans le brouillard et non dans leur courage, et cela, dans tous les cas, n'enlève rien au mérite de la défense, l'un des beaux et consolants faits d'armes qui se soient accomplis au milieu de nos désastres.

Au sud de la forêt de Châteauneuf, à Ardelles, à la Ferme-Neuve et à Château- Traîneau, le général de Wiltich rencontra la même résistance. Les têtes de colonnes du 1" corps bavarois, qui se trouvait en réserve, furent forcées d'entrer en ligne et de se frayer un passage les armes à la main au Gland, à Ardelles et à Digny '. Ce dernier point était occupé par la moitié du 3* bataillon du 30° de marche (commandant Perrot), appuyé par un bataillon de mobiles de la Mayenne. Le commandant Perrot s'y maintint énergiquement depuis trois heures jusqu'à six heures du soir; mais, menacé d'être cerné le lendemain, il se relira dans la nuit sur Senonches, ayant eu dans cette affaire deux soldats tués et six blessés, dont un officier. Quant aux Allemands, ils avaient perdu, dans ces divers engagements, quatre hommes tués et une

' V^oy. Helwig : Das I. bayer. Armee-Corps von der Tann. Aliinchen.

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