CHAPITRE SEPTIEME
vingtaine de blesses, parmi lesquels un officier. Alalgré la retraite des nôtres sur Senonclies, ils n'osèrent occuper Digny, et se replièrent sur Ardelles, où ils se retranchèrent pour passer la nuit. Là, comme à Torçay, un brouillard épais ne leur avait pas permis de compter le petit nombre de leurs adversaires; ce fut seulement le lendemain qu'ils s'aperçurent de leur erreur, et ils la firent expier chèrement aux habitants par les réquisitions et le pillage.
En résumé, dans cette journée du 18 novembre, des bataillons incohérents et abandonnés à euxmêmes , ayant un effectif total de sept à huit mille hommes, avaient tenu en échec les cinquante mille hommes du grand-duc de Alecklembourg. La cavalerie de la 17' division allemande, tous les régiments de la 22% le 4' bataillon de chasseurs et le 13* régiment du corps bavarois avaient été engagés. Le général de Treskow, qui devait coucher à Brezolles, était forcé de s'arrêter à Laons ; le général de W ittich, qui avait l'ordre de s'avancer jusqu'à Belhomert, était tenu en échec à Digny; les Bavarois seuls, se piquant d'honneur depuis Coulmiers, avaient occupé les cantonnements qui leur avaient été désignés à Jaudrais , Ardelles et Favières. La réserve se trouvait ainsi enchevêtrée dans la 22^ division et en partie en première ligne. Aussi le grand-duc dut- il employer la journée du 19, moins à se reposer de « son brillant combat » qu'à rétablir l'ordre dans sa marche.
Tandis que le grand-duc de Mecklembourg se rabattait ainsi de Nogent-le-Roi sur Châteauneuf-en- Thymerais pour marcher, les jours suivants, sur Digny, la Loupe et Nogent-le-Rotrou, le général de Rheinbaben se mettait à la poursuite de notre corps
d'Eurc-et-Avre. Surpris, pour ainsi dire, dans la matinée du 18 novembre à Nonancourt , au milieu du brouillard, les noires continuèrent précipitamment, et presque sans s'arrêter, leur retraite sur Tillières, Verneuil et Laigle, où ils arrivèrent dans la soirée du 19 sans avoir essuyé d'autre perte que celle de quelques traînards tombés aux mains de l'ennemi. Entrés à Nonancourt le 18, après avoir essuyé à Saint-Remi-sur-Avre et à Saint-Lubin-des-Joncherets quelques coups de feu tirés par l'arrière-garde du général de Alalherbe, les Prussiens tuèrent ou blessèrent plusieurs employés du chemin de fer, saccagèrent la gare, la brûlèrent en partie, et mirent au pillage les maisons voisines. C'étaient les cavaliers de la brigade de Itredow qui exerçaient de nouvelles représailles pour la perte d'un sous-officier du 13* dragons tué dans la matinée. Dans la même journée, le général de Rheinbaben fit fouiller la foret de Dreux et envoya des dragons jusqu'à Marcilly-sur-Eure , mais ces cavaliers furent repoussés par les gardes nationaux, qui leur tuèrent un cheval et firent un prisonnier. De son côté, le général de Redern , qui faisait face à notre corps de l'Eure, lança des patrouilles dans la direction de Boissy-Mauvoisin et de Gilles, pour maintenir ses communications avec le général de Rheinbaben; à Gilles, les hussards du 11' régiment essuyèrent la fusillade de francs-tireurs embusqués sur la lisière d'un bois, et se retirèrent sur Mondreville, emmenant un officier et un sousofficier blessés dans celte rencontre.
Dans la journée du 19, le général de Rheinbaben continua la poursuite sur la vallée de l'Avre, et poussa de nombreuses reconnaissances sur la ligne de l'Eure.