‹ Campagne de 1870-1871Chapitre 92 sur 207 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Événements en ÎVorraandie jusqu'au combat d'Étrépafpy. — Marche du général de Mauteuffel sur l'Oise et sur la Somme. — Départ du général Bourbaki pour l'armée de la Loire (19 novembre). — Situation militaire sur la rive gauche de la Seine. — Apparition de l'ennemi i Conches (21 novembre). — Combat de Vernon (22 novembre). — Rencontres de Blaru (23 novembre) et de la Villeneuve-en-Chevrie (25 novembre). — Combat de Blaru (26 novembre). — Embuscades de (jrossœuvre et de \ogent-le-Sec (23 novembre). — Entrée eu campagne de la garde nationale mobilisée. — Situation militaire sur la rive droite de la Seine à la fln de novembre. — Rencontres de Gournay et de Songeons, de Richeville et de Saint-Jean-de-Frenelle (28 et 29 novembre). — Combat d'Etrépagny. — Rencontres des Thilliers et d'Eragny. — Incendie d'Etrépagny (30 novembre).

Tandis que le département de l'Eure était ainsi envahi dans sa partie sud-est, et sillonné jusqu'à Evreux par les patrouilles et les reconnaissances ennemies, celui de la Seine-Inférieure était plus sérieusement menacé par l'approche d'une partie des forces allemandes que la capitulation de Metz avait rendues lihres.

La r* armée prussienne, placée depuis le 27 octobre sous le commandement du général de cavalerie baron de Manteuffel, avait pour mission de protéger au nord le cercle d'investissement de Paris; elle se composait du I" corps d'armée (général-lieutenant deBentheim), du VHP corps (général d'infanterie de Goeben) et de la 3' division de cavalerie (générallieutenant de Groeben). Dès le 5 novembre, cette armée avait reçu l'ordre d'envoyer une garnison à Soissons, et, le 15, la 4' brigade d'infanterie (généralmajor de Zglinitzki) arrivait devant la place de la

Fère qu'elle investissait le lendemain. A la date du 21 novembre, le VIII* corps d'armée était concentré à Compiègne et aux environs, et le I" corps autour de Noyon , tandis que la 3' division de cavalerie battait déjà le pays dans les directions de Ham , Roye et JVIontdidier.

Ce fut précisément pendant que ces forces considérables s'avançaient ainsi contre Amiens, que le commandant en chef de la région du Xordfut sacrifié par le ministre de la guerre aux exigences de quelques exaltés, qui, à Lille comme ailleurs, passaient leur temps à s'agiter loin des champs de bataille. L'armée d'Amiens se trouva ainsi privée de son chef au moment même où elle allait avoir le plus besoin de lui. Quant au général Bourbaki, si l'on jugeait sa présence nuisible dans le Nord, on la trouvait utile dans le Alidi, puisqu'en l'enlevant le 19 novembre à son commandement, on lui confiait le jour même celui du 18*" corps en formation à Nevers. Dans un moment où la question militaire était tout, la délégation de province ne sut pas résister aux caprices de la multitude, qui, tantôt vociférait contre les généraux, tantôt imposait des plans ou ordonnait des mouvements ; elle se laissa dominer par des gens qui s'occupaient beaucoup plus de la politique que de la défense en elle-même, et c'est en grande partie leur intrusion dans la conduite des alfaires militaires qui a empêché le gouvernement de la Défense nationale de réparer les désastres de l'Empire. Par suite du départ du général Bourbaki, les forces réparties dans la Seine-Inférieure et dans la Somme, réunies jusque-là sous le même commandement nominal, devinrent complètement séparées.

Page 1