CHAPITRE HUITIÈME
tué SOUS lui. Leurs pertes furent de deux hommes tués et six blessés, dont deux grièvement; l'ennemi eut une douzaine des siens tués ou blessés; en outre, il laissa entre nos mains quatre prisonniers, dont un officier de hussards, le second lieutenant de Bodenhausen , plusieurs voitures de vivres brisées et abandonnées, et une douzaine de fourgons chargés et attelés chacun de quatre chevaux. L'inventaire de cette prise, dressé sur-le-champ^, constata dans les bagages prussiens ou bavarois, car il y avait des uns et des autres, l'existence de pendules, montres, bijoux, châles, cachemires, manchons, et d'une foule d'autres objets qui n'ont rien de commun avec l'approvisionnement militaire, et qui faisaient ressembler ce convoi d'une troupe en campagne à celui d'un entrepreneur de déménagements. Une lettre , adressée au capitaine de Kleist, fut trouvée dans une valise, puis traduite et publiée; elle fit supposer que cet officier avait péri dans l'engagement, et la sensibilité française se hâta un peu trop de s'apitoyer sur le sort de celte prétendue victime de la guerre, aujourd'hui capitaine au grand état-major prussien ^. Le seul officier ennemi, mortellement atteint dans celte journée, fut le premier lieutenant baron de Krausss, de l'infanterie bavaroise, qui succomba peu de temps après à ses blessures et fut inhumé à Chaufour^
Après la retraite de l'ennemi, le colonel Thomas reçut du général Briand l'ordre d'occuper fortement Vernon, où il appela les divers détachements de son
* V. Thomas. Campagne de la garde mobile de l'Ardèche. Largentière.
2 V. Dessolins. Les Prussiens en Normandie. Rouen.
3 V. Vollstàndige Verlustliste der bayrischen Armée. Miinchen,
régiment restés en arrière, et qui s'y trouvèrent tous réunis le 25 novembre.
Ce mouvement sur V^ernon et la rive gauche de la Seine avait dégagé Evreux. Dans le but de protéger cette ville, tout en maintenant ses troupes dans de bonnes positions défensives, le lieutenant-colonel d'Arjuzon envoya dans la forêt d'Evreux, au village d'Arnières, le 2* bataillon de marche des 41" et 94^ de ligne (commandant Rousset). Les autres troupes de la vallée de l'Eure restèrent concentrées aux environs de Couches et y formèrent, en y comprenant la garde nationale, un petit corps de près de six mille hommes. Par suite d'un désaccord survenu entre le colonel d'Arjuzon et les autorités civiles d'Evreux, il fut remplacé, le 26 novembre, parle capitaine de frégate Vallon, qui céda lui-même le commandement, quelques jours plus tard, au capitaine de frégate Gaude.
Du côté de Vernon , le colonel Thomas organisa la défense des forêts qui couvrent cette ville et, avec le concours des gardes nationaux, il s'éclaira au loin dans les directions de Mantes et de Pacy-sur-Eure. Dans la journée du 23, les Prussiens vinrent rôder autour de la forêt de Bizy; mais ils furent mis en fuite par nos avant-postes, qui blessèrent à Blaru un landwehrien du 1" régiment de la garde. La journée du 24 se passa sans aucun événement. Le 25, des hussards du lO"" régiment de Magdebourg s'avancèrent dans la direction de la Villeneuve-en-Chevrie, et furent repoussés après avoir eu un sous-officier et un cavalier hors de combat.
Le 26 novembre, le 3" bataillon de la mobile de l'Ardèche (commandant de Montgolfier) était de