‹ Campagne de 1870-1871Chapitre 96 sur 207 · CHAPITRE HUITIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIEME

garde dans la forêt de Bizy avec de forts avant-postes aux hameaux de Alaulu et de Normandie , sur la lisière du bois qui fait face à Pacy, lorsque, vers neuf heures du matin, il fut assailli par un nouveau détachement de la brigade de Redern , composé de grenadiers du 2' régiment de la landwehr de la garde et de hussards du 17' régiment de Brunsxiick. L'ennemi porta son principal effort sur Maulu, qu'il canonna vigoureusement. Après s'être défendus avec énergie pendant plusieurs heures, les mobiles durent abandonner leurs positions et se replier sur la lisière de la forêt; là ils continrent de nouveau les efforts de l'assaillant, qui avait établi son artillerie sur le plateau de Alaulu et fouillait les bois dans tous les sens. Cependant le colonel Thomas, ayant réuni ses réserves à Vernon, les porta au secours du 3' bataillon , et, au fur et à mesure de leur arrivée, les répartit sur les points les plus faibles et les plus menacés. Les 6' et 7^ compagnies du 1*' bataillon, accourues les premières, se déployèrent face à Maulu, puis, sortant des bois, s'élancèrent résolument sur la batterie qui les couvrait d'obus; à la vue de cette attaque et des renforts qui nous arrivaient, l'ennemi cessa le feu et se replia précipitamment. Dès lors, le plateau de Maulu fut réoccupé par les nôtres, et les Allemands vivement poursuivis dans la direction de Chaufour.

Dans cette affaire, le régiment de l'Ardèche eut huit hommes tués, parmi lesquels deux officiers, le capitaine Rouveure et le lieutenant Leydier, une vingtaine de blessés et quatorze disparus, dont la plupart furent faits prisonniers en cherchant à arracher aux grenadiers de la landwehr le corps de leur

capitaine. Mus par un sentiment qui relève l'humanité et auquel nous devons d'autant mieux rendre hommage, que les traits chevaleresques furent plus rares chez nos adversaires, les Allemands rendirent les honneurs funèbres au capitaine Rouveure et renvoyèrent à nos avant-postes son cercueil, orné d'une couronne de laurier et escorté par une garde d'honneur. Plus tard, la municipalité de Vernon voulant conserver le souvenir de ses braves défenseurs, décida qu'une de ses grandes voies de communication, la route d'Ivry, prendrait à l'avenir le nom d'avenue de l'Ardèche. Quant aux grenadiers du 2° régiment de la landwehr de la garde, ils eurent un officier et trois soldats tués, plus une douzaine de blessés, parmi lesquels deux officiers; en outre, les hussards de Brunswick eurent un cavalier hors de combat. A partir de ce jour, le général de Redern ne chercha plus à forcer nos lignes sur la rive gauche de la Seine, et se borna à les faire observer par ses reconnaissances.

Du côté d'Evreux et de Conches, les patrouilles ennemies se montrent plus entreprenantes ; presque chaque jour elles viennent reconnaître nos avantpostes, et il en résulte de légers engagements, qui tournent toujours au détriment des cavaliers. Du côté de Saint-André, ce sont les uhlans hanovriens de la brigade de Barby qui rayonnent sur Prey et sur Grossœuvre, où le 23 novembre un des leurs est blessé. Le même jour, ce sont les éclaireurs de la brigade de Bredow, venus de Dreux, qui s'avancent jusqu'aux abords de la forêt de Conches, à Nogent-le-Sec, où les francs-tireurs de la guérilla rouennaise les mettent en fuite, leur tuent un cavalier, en blessent

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