‹ Campagne de 1870-1871Chapitre 97 sur 207 · CHAPITRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIÈME

un autre et s'emparent de leurs chevaux; une compagnie de mobiles de l'Eure, survenue sur ces entrefaites , se met à la poursuite des uhlans et leur fait un prisonnier.

Dans les derniers jours de novembre, le général Briand rappela sur la rive droite de la Seine le 2'' bataillon de marche de la ligne; il le remplaça, pour la défense d'Evreux, par le T' bataillon de la garde mobile des Landes (commandant Beaume), auquel il adjoignit les 1" et 3' bataillons de gardes nationaux mobilisés de l'arrondissement du Havre (commandants Pornin et Basille). C'est, en effet, vers la fin du mois de novembre que l'on vit surgir en province cette nouvelle milice. Dès le 12 septembre, le ministre de l'intérieur avait songé à utiliser les ressources que pouvaient présenter les corps détachés delà garde nationale; toutefois on ne forma, dès le début, que des compagnies de marche, exclusivement composées de volontaires. Le 29 septembre, on organisa des compagnies de gardes nationaux mobilisés, comprenant, outre les volontaires qui n'appartenaient ni à farmée régulière ni à la mobile, tous les Français âgés de vingt et un à quarante ans, célibataires ou veufs sans enfants. Lorsque AL Gambetta eut pris les fonctions de ministre de la guerre, il s'occupa de régulariser cette formation par une circulaire en date du 1 1 octobre; enfin le 2 novembre, il décréta une sorte de levée en masse par l'appel aux armes de tous les hommes valides de vingt et un à quarante ans.

L'armement des mobilisés consistait principalement en fusils à piston ; mais, dans quelques grandes villes, on leur avait donné des armes perfectionnées des

systèmes Enfield , Springfield ou Snider; certains bataillons avaient même des carabines Minié ou des fusils Chassepot. C'était encore là un des fâcheux résultats de l'immixtion des autorités civiles dans les affaires militaires. Les villes faisaient concurrence au gouvernement pour l'achat des armes, et les donnaient à des compagnies, dites de marche, qui en réalité ne furent jamais mises en route, tandis que les mobiles, qui tenaient la campagne depuis deux mois, n'avaient que de mauvais fusils de pacotille qu'on vendrait difficilement aux peuplades des côtes d'Afrique. On avait aussi donné de l'artillerie aux légions de mobilisés. Au moyen des ressources des départements et des villes et de cotisations particulières, grâce aussi à la munificence de quelques généreux citoyens, on avait pu, en Normandie, se procurer quelques batteries Armstrong ou Whitworth; malheureusement elles ne furent pas utilisées, et les canons, comme les fusils perfectionnés, eurent rarement l'occasion de brûler une amorce.

Le commandant général Estancelin, chargé de l'organisation des gardes nationales de la Normandie, avait poussé activement celle des mobilisés. Dans le département de la Seine-Inférieure, l'effectif total de cette milice à la fin de novembre s'élevait, pour les trois légions, à environ 15,000 hommes; mais la plupart des bataillons ruraux , au lieu d'être réunis , restèrent dans leurs circonscriptions de recrutement et ne furent appelés qu'à la dernière heure, alors que leur concours , loin d'être utile , n'était plus qu'une nouvelle source d'embarras. Plusieurs de ces bataillons, sans officiers ou avec des officiers élus, avaient des armes sans munitions ou des fusils à pis-

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