CHAPITRE HUITIÈME
ton avec des cartouches métalliques ; quelques-uns même étaient sans armes et n'avaient du soldat que l'uniforme. On pouvait leur appliquer l'expression de Tacite : Nomen macjis exercihh, quàm rohur.
Dans le département de la Seine-Inférieure, le général Briand occupait, sur l'ilndclle, les positions que nous avons précédemment fait connaître. Ses troupes avaient été plutôt diminuées qu'augmentées, car le 1" bataillon de la mobile des Landes était passé sur la rive gauche de la Seine, à Pont-dei'Arche, d'où il avait été plus tard dirigé sur Evreux. Par contre, l'artillerie, placée sous les ordres du chef d'escadron Sauvé, s'était accrue, dans les derniers jours de novembre, de la batterie de la garde nationale mobilisée du Havre (capitaine Rebuffet), comptant six canons de 4 rayé de montagne et de la batterie des volontaires de la garde nationale de Rouen (capitaine Boursier), de six canons Whitworth, ce qui portait au chiffre de trente pièces de tout calibre cette artillerie composite et exotique.
Le corps de l'Andelle était, comme auparavant, réparti en deux groupes, ayant le centre de leurs commandements à Fleury-sur-Andelle et à Forges. Le corps deFleury était, depuis le 12 novembre, sous les ordres du colonel de Reinach, du 12' chasseurs; à Forges, le lieutenant-colonel de Beaumont, du 3" hussards, avait remplacé, le 24 novembre, le colonel d'Espeuilles, promu général de brigade et appelé à l'armée de la Loire.
Telle était la situation militaire dans la Seine- Inférieure et l'ensemble des forces dont le général Briand disposait au moment où la V^ armée allemande occupait la ligne de Compiègne à Noyon. Le 20 no-
vembre , le gt-néral de ManteufTel reçut de Versailles Tordre de marcher sur Amiens, et le même jour il se mit en communication avec le comte de Lippe, qui, comme on sait, attendait avec impatience l'arrivée de ce puissant renfort. Cette communication une lois établie entre la I" armée allemande et la cavalerie saxonne, le détachement du prince Albert fut rappelé à l'armée d'investissement et remplacé par celui du comte de Lippe dans les positions qu'il occupait sur la rivière de l'Epte. Pour relier le détachement saxon et l'armée du général de AlanleuCfel, la brigade des dragons de la garde (général-major comte de Brandebourg II) avec un bataillon du 2* régiment à pied et une batterie à cheval de la garde prussienne furent dirigés le 24 novembre sur Clermont et Beauvais. Quant au comte de Lippe, il se mit en marche sur Gisors le 25 novembre, et il s'établit avec sa division , renforcée du régiment saxon des grenadiers du corps, sur la ligne qui s'étend de Gisors à Alagny par Dangu et Saint-Clair-sur-Epte.
A peine installés dans leurs nouveaux cantonnements, les Prussiens et les Saxons se mirent en devoir de s'éclairer dans la direction de l'Andelle ; de Beauvais , les patrouilles du comte de Brandebourg poussaient jusqu'aux environs de Songeons et de Gournay; là, nos hussards pourchassèrent, les 28 et 29 novembre, des dragons du 2' régiment de la garde prussienne et leur tuèrent, blessèrent ou prirent quelques hommes dans chacune de ces rencontres.
Du côté frîe Gisors, le colonel de Miltilz , du 17^ régiment de uhlans saxons, détaché à Dangu, s'avançait sur l illers-en-\ exin, dans la matinée du 28 novembre, à la tête de deux escadrons; là, il se