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avec le 7e corps, et il envoya demander à notre général s’il pouvait l’appuyer. La chose étant , comme on vient de le voir, absolument impossible, le général de Failly préféra ne point engager seul un combat qui l’eut contraint à ralentir sa marche, et eût pu compromettre son arrivée, en temps utile, à Stenay. Il obliqua donc sur la gauche, se dirigeant d’Harricourt , par Vaux-en- Dieulet, sur Belval et sur Bois-des-Dames.
La brigade Nicolas (2e de la division Goze),
« restée avec deux batteries et le 4e chasseurs à pied » en position à Harricourt, eut pour mission de » masquer et de couvrir ce mouvement. A cet » effet, elle entretint, jusque vers dix heures du » soir, des feux dont l’étendue pût faire croire à la » présence, sur ce point, de tout le 5e corps ; puis » se dérobant en silence, et dans une nuit sombre, » elle suivit les traces du corps d’armée, et à mi- » nuit elle arriva à Belval 1 . »
La 3e division était campée sur la position de Bois-des-Dames, sa droite appuyée à la ferme de Bellevue. Le quartier général était établi à la ferme d’Harbeaumont.
De son côté, le 1er corps (Ducrot) manœuvrait, non sans peine, pour conserver son équilibre compromis par les instructions de la dernière heure.
1 Rapport du général baron Nicolas, commandant la 2e brigade de la lre division du 5e corps.
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En exécution des ordres du grand quartier général, ses quatre divisions furent portées sur le Chesne par deux routes parallèles. Ses bagages, qui avaient fait inutilement plusieurs lieues, furent arrêtés à Mazerny et rabattus vers le Chesne par la route de Mézières et celle de Tourteron.
La division de cavalerie Bonnemain, déjà arrivée à la hauteur d’Amagne \ recevait l’ordre d’aller camper entre Tannay et les Grandes- Armoises, et s’engageait également sur la route de Tourteron. Le 12e corps, en marche dans la direction de Mézières (le mouvement de sa cavalerie avait commencé à deux heures du matin), changeait de direction et se portait sur Stenay par les Grandes- Armoises et Stonne. A sept heures et demie du soir, ses dernières troupes prenaient position à la Besace.
En définitive, c’est une mauvaise journée pour notre armée, que celle du 28 août. Elle n’a point livré de combat, pas éprouvé de pertes, et cependant un grand malaise plane sur elle; chacun a le cœur serré, Famé remplie d’appréhensions. On a comme le pressentiment que l’ennemi aura mis à profit nos incertitudes et tout le temps !
D’ailleurs, la présence à Buzancy de ces troupes prêtes à en disputer l’entrée au 5e corps, n’est-elle * Village à 11 kilomètres de Rethel.
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pas la preuve non équivoque que les Allemands ont pris la résolution de nous barrer la Meuse? Ne savent-ils pas que notre aile droite a pour objectif Stenay, et tous leurs efforts n’ont-ils pas dû tendre à occuper, avant nous, ce' point de passage du fleuve?
Le maréchal en a jugé ainsi, car les ordres de marche pour la journée du lendemain 29 août, qu’un officier du grand quartier général nous apporte à deux heures du matin, ne nous permettent plus de douter de l’avance que l’ennemi a sur nous : la direction de Stenay est abandonnée pour celle de Mouzon. C’est à Mouzon que le maréchal compte effectuer le passage de la Meuse.
Les instructions du maréchal , datées du 28 au soir, portaient que le 7e corps devait prendre position, le 29, à la Besace; le 5e, à Beaumont; le 1er, à Raucourt; le 12e, à Mouzon; la division de cavalerie Bonnemain, à Raucourt, et la division de cavalerie Margueritte, à Mouzon.
Cependant, le lieutenant-colonel Davenet avait été forcé de s’arrêter la veille au Chesne, pour laisser reposer ses attelages exténués. Le maréchal lui ayant envoyé l’ordre de nous rejoindre
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par Brieulles, et le général Douay ayant prescrit à la lre division, restée à Quatre-Champs , de remonter également sur Brieulles, pour y effectuer sa jonction avec le lieutenant-colonel Davenet, puis de nous rallier à Saint-Pierremont, nous ne quittâmes Boult-aux-Bois qu’assurés que cette division était engagée sur le chemin de Brieulles, et que la 3e, descendue de Belleville, avait pris la tête de colonne.
Comme les forestiers du pays venaient de nous affirmer la présence d’un corps allemand à Buzancy, et d’un grand nombre de pièces d’artillerie dans la forêt de Dieulet, située entre Stenay et Bois-des-Dames ; que, d’autre part, nos escadrons envoyés en reconnaissance vers trois heures du matin, dans la direction de la Croixaux-Bois et de Briquenay, s’étaient sabrés avec des escadrons prussiens, on redoubla de précautions, et on apporta, dans l’organisation et l’ordre de marche de l’arrière-garde, un soin minutieux.
C’est en effet là qu’est le danger; il suffit, pour en être convaincu, de porter ses regards dans la direction du sud : pendant que nos troupes défilent, les vedettes prussiennes, postées sur les hauteurs, observent de loin notre marche. Point d’attaques d’ailleurs; mais on ne saurait se méprendre sur la cause de cette apparente réserve : si l’ennemi ne nous aborde pas, c’est qu’il ne peut
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encore disposer que de cavalerie. Mais avec quelle habileté il s’en sert pour nous envelopper à distance , comme dans un réseau qui devient à chaque instant plus étroit, et lui permet de ne pas perdre de vue nos mouvements, d’agir sur le moral déjà ébranlé de notre soldat, et d’entraver notre marche par des démonstrations faites à propos!
Ainsi, entre Germont et Authe, l’apparition subite d’une masse de cavalerie détermine le général Liébert à s’arrêter et à prendre position. On finit bien par s’apercevoir que cette démonstration n’a rien de sérieux, et on reprend la marche; mais l’ennemi a atteint son but, il nous a fait perdre plus de deux heures.
En arrivant à Saint-Pierremont, notre avantgarde aperçoit un escadron prussien qui débouche par le chemin de Fontenoy et monte vers elle : une décharge fait faire demi-tour à cette reconnaissance, qui se perd bientôt derrière les mouvements de terrain.
A partir de Saint-Pierremont, la route qui conduit à la Besace tourne à gauche et se prolonge dans la direction du sud au nord; elle devient plus accidentée, plus resserrée, et les pluies en ont rendu le parcours des plus pénibles. Aussi la colonne s’allonge, la marche se ralentit, et il est déjà près de cinq heures quand la tête du 7e corps
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atteint Oches. La lre division et le convoi du lieutenant-colonel Davenet ne tardent pas non plus à paraître , guidés par un officier qui leur a été envoyé pour les conduire directement à Oches, sans passer par Saint-Pierremont.
Enfin, après bien des péripéties, le 7e corps se trouve réuni de nouveau. C’est un résultat important; cependant notre tâche n’est point terminée : il faudrait, pour remplir nos instructions, atteindre, le jour même, la Besace, ou tout au moins parvenir en haut de la montée de Stonne. .Mais d’Oches à Stonne, ce n’est qu’un long défilé dans lequel le 7e corps tout entier doit s’engager; les troupes, en marche depuis le matin, sont très-fatiguées, les attelages du convoi semblent hors d’état d’aller plus loin. Le général craint, en exigeant d’eux un nouvel effort, d’être surpris par la nuit au milieu du défilé, d’être forcé de marquer le pas en attendant le jour, de voir le désordre se mettre dans ce convoi qui occupe sur la route une longueur de douze à quinze kilomètres, et il se décide à camper à Oches, pour laisser reposer hommes et chevaux. Il espère , en partant le lendemain de très-bonne heure, regagner le temps perdu. Malgré ses appréhensions, fondées assurément, nous n’oserions affirmer que notre chef de corps n’ait pas regretté depuis de n’avoir pas tenté ce qui pa-
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raissait impossible. — Si la position d’Oches est peu favorable pour camper, du moins toutes les précautions sont prises contre une attaque.
I-e convoi est parqué dans les prairies qui bordent la route de Brieulles ; la lre division s’y établit; la 2e prend position sur le plateau de l’église; une brigade de la 3% devant former l’ arrière-garde le lendemain, campe sur une crête boisée qui sépare Oches de Saint-Pierremont et d’où l’on découvre la plaine ; l’autre brigade tourne le village et s’établit, avec les réserves d’artillerie, sur les coteaux en arrière.
Quoi qu’il en soit, notre position est moins précaire que celle du 5e corps. On se souvient que, le 28, le général de Failly avait laissé Buzancy sur sa droite et était allé camper à Boisdes-Dames.
Pendant ce temps, le maréchal, persuadé qu’il était devancé à Stenay par l’ennemi, et dès lors résolu à se porter sur Beaumont et à franchir la Meuse à Mouzon , avait envoyé un officier d’étatmajor au général de Failly pour lui faire connaître la nouvelle direction à prendre. Cet officier, le même qui, dans la nuit du 28 au 29, avait apporté au 7e corps, vers deux heures du matin, les ordres du maréchal, et qui, de là, devait se rendre auprès du général de Failly, fut fort embarrasse sur la route à suivre , ne sachant où trouver le
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général. Au 7e corps, il fut impossible de le renseigner exactement; ce qu on lui apprit, c est que, dans la soirée, on avait vu des feux de bivouac à Bar. Il était possible que le 5e corps y fut encore.
L’officier se dirigea sur ce point et tomba au pouvoir de l’ennemi.
Il s’ensuivit que, ne recevant pas les instructions qui lui étaient destinées, le général de Failly s’en référa aux anciennes, et prit ses dispositions pour continuer sa marche sur Stenay par Beaufort et Beauclair. — Journée malheureuse, pendant laquelle le 5e corps allait s’épuiser en luttes et en fatigues inutiles !
En raison de l’arrivée, à minuit, des dernières troupes et de leur extrême fatigue, le général commandant le 5e corps ne leva son camp, le 29, qu’à dix heures du matin.
Ses deux premières divisions venaient de se mettre en marche lorsque, vers midi, l’ennemi, posté sur les hauteurs près de Nouart, ouvrit, sur l’arrière-garde du 5e corps, un feu des plus vifs.
Les divisions s’arrêtèrent, se déployèrent, et tinrent tête à cette violente canonnade jusqu’à quatre heures du soir.
A ce moment, le général de Failly recevait du lieutenant-colonel Broyé les ordres du maréchal, lui prescrivant de remonter vers Beaumont et
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Mouzon. Profitant alors d’un moment de répit laissé par l’ennemi , le général fit prendre à son corps d’armée la route de Beaumont, confiant à une de ses divisions le soin de couvrir ce mouvement. En même temps, il dépêchait un de ses officiers au commandant du 7e corps, pour l’avertir qu’il allait opérer, pendant la nuit, le mouvement prescrit par le maréchal, et pour lui demander de protéger son passage à Sommauthe village qu’il comptait traverser. Mais, à l’heure de la soirée où ces nouvelles nous parvenaient, le général de Failly avait déjà atteint Sommauthe.
Ce ne fut que tard dans la nuit que la tête de colonne du 5e corps arriva à Beaumont ; l’arrièregarde ne rallia que le lendemain, 30 août, vers cinq heures du matin. Toutes ces troupes étaient réduites à un état de fatigue excessif par les combats des jours précédents, les marches forcées et l’absence de distributions régulières.
Pendant ce temps, le 1er corps atteignait Raucourt, et le 12e, passant la Meuse à Mouzon, s’établissait sur la rive droite du fleuve, à cheval sur la route de Carignan.
N’est-il pas manifeste que la situation s’est aggravée depuis deux jours? Le 28, devant Buzancy, les Prussiens n’ont encore à opposer au 5e corps
1 Village à 4,500 mètres d’Oclies.
que de la cavalerie et quelques pièces d’artillerie; mais, dès le 29, à Bois-des-Dames, ils mettent déjà en ligne de l’infanterie et une artillerie nombreuse; c’est l’avant-garde d’une armée, qui tient en échec le 5e corps, de midi à sept heures du soir.
Quels enseignements faut-il tirer de ces faits? — C’est que , tandis qu’une partie des forces allemandes nous contraint à lui faire face et à combattre, l’autre partie emploie ces heures de lutte pour marcher et nous devancer ; — c’est que nous sommes à la veille d’une solution qu’un effort prochain de l’ennemi va dégager de l’inconnu.
En effet, les armées allemandes ont mis à profit les journées des 27, 28 et 29 août l.
Pendant la journée du 27, la IVe armée a envoyé en reconnaissance :
Sur Grand-Pré, la Ve division de cavalerie;
Sur Vouziers, la VIe division;
Sur Nouart et sur Buzancy, — où elle s’est sabrée avec la cavalerie du 5e corps français, — la cavalerie saxonne.
Le XIP corps, qui a mission de barrer le passage de la Meuse à l’armée française, a pris position à Dun et à Stenay;
1 Rüstow, ta Guerre sur la frontière du Rhm, 1870-1871 , et Borbstaedt, Campagne de 1870-1871.
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La garde à Montfaucon;
Le IVe corps à Fromeréville.
L’aile gauche de la IIIe armée a accentué son mouvement dans la direction de Vouziers; ses troupes se sont avancées :
La IIe division de cavalerie sur Ghâlons;
La IVe division de cavalerie sur Laval ;
Le Ier bavarois sur Nixéville ;
Le IIe bavarois sur Dombasle;
Le Ve corps et la division wurtembergeoise sur Daucourt (avec postes avancés à Sainte-Menehould) ;
Le VIe corps sur Possesse ;
Le XIe corps sur la Neuville-aux-Bois.
Le 28, les corps de la IVe armée ont bivouaqué :
La cavalerie saxonne, à Nouart;
La division de cavalerie de la garde, entre Remonville et Buzancy ;
La garde , à Bantheville ;
Le IVe corps, à Montfaucon;
Le XIIe corps, derrière la Meuse.
Dans la IIIe armée :
La IIe division de cavalerie, qui a fait, comme la veille, 50 kilomètres, est arrivée à Suippes;
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La IVe division à Laval ;
La Ve et la VIe (mises à la disposition de la IIIe armée, par le prince royal de Saxe) ont atteint :
La Ve, Grand-Pré ;
La VIe, Vouziers, où elle a remplacé, dès le matin, le 7e corps (Douay).
Le XP corps s’est rendu à Courtemont ;
Le Ve corps et la division wurtembergeoise se sont portés à Berzieux et à Ville-sur-Tourbe; Le IP bavarois, à Vienne-le-Château;
Le Ier bavarois, à Varennes;
Le VIe corps, à Sainte-Menehould,
Enfin, le quartier général du prince royal de Prusse s’est établi à Cernay;
Celui du Roi, à Clermont.
Le 29, le prince royal de Saxe (IVe armée), qui a reçu l’ordre de se concentrer sur la rive gauche de la Meuse , dans le but de donner à la IIIe armée le temps de combiner avec lui un mouvement en avant, pour la journée du 30, fait passer la Meuse au XIIe corps.
Après son combat à Bois-des-Dames contre le général de Failly,
Le XIIe corps bivouaque près de Nouart et à Beauclair ;
La garde , à Buzancy ;
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Le IVe corps, à Remonville.
La cavalerie bat le pays autour des 5e et 7e corps français.
Le prince royal de Prusse (IIIe armée) opère, à la même date, le mouvement suivant :
La IIe division de cavalerie se porte sur Maure; La IVe, sur Vouziers ;
La Ve, sur Attigny;
La vi% sur Quatre-Champs.
Le Ier bavarois gagne Sommerance ;
Le IIe bavarois, Saint-Juvin;
Le Ve corps, Grand-Pré;
Le XIe corps, Monthois;
Le VIe corps, Varennes.
Le quartier général du prince royal de Prusse est établi à Senuc;
Celui du Roi, à Grand-Pré.
Cette journée est pour les armées allemandes d’une importance capitale , puisque les Pr et IIe corps bavarois (IIIe armée) viennent de faire leur jonction avec la IVe armée. Les princes de Prusse et de Saxe vont, désormais, pouvoir combiner tous leurs mouvements 1 .
1 Voir la carte n° 1.
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