‹ Campagne de l'est en 1870-1871Chapitre 10 sur 165 · Lôhiein · texte numérisé non relu

Lôhiein

LES PBEMltBS COMBATS DANS LES VOSGES. 9

Les premiers combats livrés par nos troupes de TEst, et surtout la i:etraite qui les avait suivis, étaient d'une nature peu encourageante. Les gardes mobiles, qui en formaient la grande majorité, présentaient le plus triste aspect : «... .Pour la plupart armés de fusils à piston ou de tabatièresy ils réclamaient à grands cris des chassepots et, comme on n'en avait plus, ils profitaient de ce prétexte pour déclarer qu'ils ne marcheraient pas. Us cassaient leurs armes, les jetaient le long des routes. . • . essayaient de soulever toute la garnison (de Besançon) contre l'autorité militaire. Les chefs élus par eux et choisis parmi les caractères les moins énergiques, les moins capables de faire respecter la discipline, étaient impuissants à les maintenir. ...» Les soldats, parmi lesquels l'ivrognerie était répandue au dernier point, « traitaient la banlieue de la ville en pays conquis et brûlaient jusqu'aux portes et escaliers des maisons où ils étaient logés ':►.

En dehors de certains centres, la population ne se montrait pas plus disposée aux sacrifices personnels : «... .La plupart des paysans ne voulurent jamais consentir à amener leur fourrage ou leur bétail à la ville (Besançon) , comme on les en avait suppliés tant de fois. Ils disaient naïvement « qu'il « leur fallait bien au moins garder quelque chose pour les « Prussiens, qui brûleraient les maisons s'ils ne trouvaient « rien à manger*. ...»

Les dangers de cette situation étaient encore accrus par la mésintelligence qui régnait entre les autorités militaires et civiles. Le commissaire du gouvernement de la Défense nationale pour le Doubs, le Jura, la Haute-Saône, M. Albert Grévy, le préfet du Doubs, M. Ordinaire, adressaient à la Délégation les accusations les plus passionnées contre Cambriels : «... .Le général commandant dans les Vosges est-il

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