Télégramme du 31 décembre, il*» 50 soir
se dirige vers le Rhin entre le Doubs et les Vosges. Plus il se rapprocherait de son but immédiat, plus il prêterait le âanc aux attaques venant de la haute Seine. Il était donc indispensable d'assurer fortement la garde des débouchés conduisant de cette direction vers la Saône, non point avec des troupes médiocres ou mauvaises comme celles de Garibaldî ou de Pellissier, mais avec le lô"" corps tout entier. Ce corps d'armée n'eût certes pas été de trop, même renforcé, pour assurer la sécurité des derrières de Bourbaki ; on put s'en rendre compte plus tard, lors de la marche foudroyante de Manteuffel.
Ainsi l'année se terminait sous de fâcheux auspices. Gambetta n'en donnait pas moins à Jules Favre les assurances les plus réconfortantes : « Le but de l'opération de la l*"* armée est de se jeter sur la ligne de retraite de l'ennemi et de lui fermer la porte de l'Allemagne. ...» Il évaluait à plus de 160,000 combattants l'ensemble de nos effectifs, y compris Garibaldi. Ces forces étaient concentrées et celles des « Prussiens » , 130,000 à 140,000 hommes, éparpillées. Nous avions le temps et les distances pour nous. « N'était la neige qui retarde nos opérations, on pourrait répondre du succès. ...» Par une ironie du sort, cette dépêche datée du 31 décembre ne parvînt à Paris que le 8 janvier et fut en partie publiée le 10 au Journal officiel^ alors que les destins de la 1'® armée étaient à peu près scellés par l'envoi de Manteuffel sur ses derrières.