‹ Campagne de l'est en 1870-1871Chapitre 106 sur 165 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

Le dtitachtïDieDt Ranizan à Briare. — Combat da 31 décembre. — tnatractions de Moltke. — Frûdâ-lcL-ll^harles marche contre Chanzy. — Werder se porte i Vesool. — Moltke et la campBLffue de l'Ust.

PcDdant que la majeure partie de la l*"' armée quittait les environs de Bourges pour être transportée sur la Saône, ce mouvement restait inaperçu des Allemands, grâce à Tabsence de contact entre leur cavalerie et nos troupes. Ne recevant aucun renseignement positif sur celles-ci, Tétat-major du Boi invitait (22 décembre) celui de la II" armée à envoyer des reconnaissances au sud de Gien. En même temps, il dirigeait le I" corps bavarois sur Etampes ; ce corps d'armée, fort éprouvé par trois mois de combats continuels, s'y referait et servirait de réserve à la fois pour la ]!• armée et pour les troupes qui investissaient Paris. Le 24 décembre, le I" corps bavarois se mettait en marche vers le nord.

Le lendemain, un fort détachement sous les ordres du général V* Rantzau* se dirigeait de Montargis sur Briare. Il atteignit cette ville le 26 et constata que nos troupes Pavaient évacuée dès le 22, Des patrouilles dirigées sur Nevers furent attaquées au sud de Bonny par des gardes nationaux et des francs-tireurs, qui pressèrent vivement leur retraite, en cherchant à les envelopper.

Cet incident semblait indiquer que nous allions reprendre Toffensivé dans cette direction. En effet, le 31 décembre, des troupes en formation régulière apparurent vers Nevoy et refoulèrent une reconnaissance hessoise sur Briare. Le

1, 1 régimonl d'infanterie, l régiment de cavalerie, l batterie à cheval. Le â^e de ligim et divers détachements, sous les ordres du colonel Ritter, avaient évacué lï( iari3 le 22 pour se diriger sur Nevers. Les troupes qui reprirent Toffoiisive le 3 1 décembre appartenaient au corps du général de Pointe de Gévigny. EUes étaient renforcées d'éléments destinés au 25» corps.

détachement Rantzau , renforcé de deux compagnies de landwehr, se maintint tout d'abord dans cette petite ville ; mais, le lendemain, plusieurs bataillons menacèrent sa retraite sur Gien. Il parvint néanmoins à se faire jour sans trop de pertes. Nous avions mis en ligne plusieurs milliers d'hommes, parmi lesquels de Tinfanterie de marine; des prisonniers disaient appartenir au 18* corps \

Vers la même date, un régiment de cavalerie, jeté en exploration dans la Sologne avec un peu d'infanterie et deux pièces, rentrait à Orléans (28 décembre) en signalant de fortes colonnes en marche du sud sur Aubigny-Ville *.

De ces faits les Allemands conclurent que la 1" armée allait se remettre en mouvement vers le nord. D'autres indices, tels que l'offensive prise par la colonne Jouffiroy vers le Loir, permettaient de croire que nos deux armées bc porteraient simultanément du Mans et de Bourges sur Paris. Pourtant des renseignements positifs indiquaient de grands transports de troupes dans le bassin de la Saône. Mais le général de Moltke n'en croyait pas moins la masse de la 1'* armée à Bourges.

Dans ces conditions, Frédéric-Charles, placé à Orléans, entre Le Mans et Bourges, pouvait user des avantages de la ligne intérieure, en se portant successivement contre chacune de nos deux armées. Ce fut le sens général des instructions adressées par le général de Moltke le 1" janvier. Il admettait comme démontrée la présence autour de Bourges d'une grande partie des troupes de Bourbaki ; une offensive prochaine lui semblait à prévoir de leur côté ; les combats de Vendôme et de Courtalain montraient pareille intention de la part de Chanzy.

Dans ces conditions, il serait dangereux d'attendre la concentration de deux groupes encore séparés par une distance considérable. Il fallait prendre l'offensive contre le plus rap-

1. Ce qui paraît inexact, le 18« corps étant déjà sur la Saône ou achevant son débarquement.

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