CONTINUATION DU MOUVEMENT DE L*AUMÉE
Dannenberg i l'ouest de Dijon. — Cremer rappelé à IMjou. — L'envoi dans l'Est da 15« corps est décidé. — Passag^e de TOgnon. — Envoi d'ane brigade i Dijon. — Gambetta et Boarbaki. — L'armée continue sa marche.
Pendant que les Allemands traversaient ces incertitudes, notre mouvement se continuait plus lentement qu'il n'eût convenu. Bourbaki, encore à Chalon le soir du !•' janvier, annonçait au ministre son départ pour Dole. Il comptait porter le 2 janvier les 18" et 20' corps au nord de TOgnon, si nous parvenions à rétablir les ponts de Pesmes en temps opportun. La 1" armée aurait donc parcouru 280 kilomètres en onze jours, malgré les retards survenus*. Nous ne pouvions compter sur un résultat aussi satisfaisant.
Cependant M. de Freycinet ne s'expliquait pas notre « quasi-immobilité » , tandis que Tennemi marchait sans discontinuer. Il demandait à Bourbaki de regagner par des marches forcées une partie du temps perdu*.
Sur les entrefaites, un incident venait encore «impliquer notre mouvement. Une brigade d'infanterie, celle du général V. Dannenberg, avait été jetée dans l'Est par Zastrow, afin d'observer Dijon et de couvrir le VII* corps vers la Saône. Son apparition causa un vif émoi ; déjà l'on croyait revoir l'ennemi à Sombernon et au Pont de Pany. Garibaldi, qui aurait dû être à Dijon depuis plusieurs jours, avait encore le gros de ses forces à Autun'. Cremer, qui était à Fontaine-
1. Télégramme du i^' janvier, minuit 20. Le général paraît admettre que l'armée aurait pu marcher plus vite par les voies ordinaires, à raison de 25 kilomètres par jour. Mais cette moyenne ne pouvait être soutenue pendant onze jours par des troupes aussi médiocres.