Penlioat
2. Télégramme du minislre à M. de Serres, 3 janvier, lOi^So matin.
3. Télégramme du ministre à Bourbaki, 2 janvier, 6 heures soir. 11 eût éic plus simple d*utiliser la ligne de Ghalon à DôIe. On ne parut pas y songer.
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rans et à Chassej, près de Dôle ; le 18* corps commençait à passer TOgnon aux environs de Pesmes ; le 20' corps se rapprochait de cette rivière, entre Pesmes et Etuz.
Dand cette partie de son cours, TOgnon est large de 50 à 60 mètres. Deux ponts avaient été coupés aux abords de Pesmes, l'un, en pierre, auprès de la ville, Tautre, en bois, avec des piles en maçonnerie, à trois kilomètres en aval. Cette double destruction était d'autant plus regrettable que Tarrnée ne disposait encore d'aucun matériel de pont. Heureusement on découvrit dans l'arsenal d'Auxonne un certain nombre de bateaux d'équipage, et le chef d'escadron Logerot, commandant l'artillerie de la place, les utilisa pour jeter un pont de 54 mètres aux abords du pont de pierre. Ce ne fut pas sans de grandes difficultés. Le personnel manquant, il fallut recourir à une section du génie des mobilisés (Côte -d'Or) et à quelques ouvriers d'artillerie. On brisa la glace pour mettre les bateaux en place ; on les calfata, car ils étaient en mauvais état. Pourtant l'opération, commencée à 1 heure, fut terminée à 7 heures et demie du soir; la plus grande partie de l'artillerie et des voitures du 18* corps passèrent TOgnon dans la nuit et la matinée suivante.
Le rétablissement du pont des Forges fut confié à l'ingénieur des ponts et chaussées Belin, qui eut recours à une compagnie du génie auxiliaire et à des gens du pays. Il fit uniquement usage d'arbres du voisinage. Mais la construction, commencée le 2, à 7 heures du matin, ne fut terminée que le 3, à 10 heures. Ce pont fut utilisé surtout par la cavalerie.
Quant à l'infanterie du 18® corps, elle passa l'Ognon sur la glace, ainsi qu'une partie de la cavalerie. Près des Forges, la couche d'eau solidifiée mesurait de 15 à 20 centimètres d'épaisseur. On la recouvrit de paille et de madriers pour la préserver de toute usure. 11 ne se produisit d'autre accident que l'ouverture d'une crevasse sous les pieds d'un cheval. On se borna à déplacer les passages vers la fin du jour. Le défilé, commencé vers midi, le 2, se prolongea toute la nuit
CONTINUATION DU MOUVEMENT I>E l'aRMEE. 185'
au clair de lune. Le 3, à midi, le 18* corps était en entier au nord de rOgnon*.
Pendant cette même journée du 2, le 24* corps avait poussé de Besançon vers Vesoul le 7* de cavalerie légère mixte. Ses postés s'étendaient de Marchaux à Cussey, et leurs reconnaissances signalaient le passage de troupes allemandes marchant vers TEst. Dans cette direction un petit combat avait lieu entre le Doubs et Belfort. Depuis la fin de décembre, et en attendant l'arrivée des renforts dont nous avons parlé, le plateau de Blamont était occupé par une légion de mobilisés du Doubs, sous les ordres du colonel de JoufFroy, plus tard renforcé par un corps franc, le bataillon des Vengeurs, un millier d'hommes de toute nationalité qui traînaient avec eux deux mitrailleuses.
Le 2, les uhlans du détachement Debschitz trouvèrent Abbévillers occupé par ces francs-tireurs. Deux compagnies de landwehr se portèrent alors de Croix sur ce village et culbutèrent les Vengeurs presque sans combat. 200 hommes, leur chef Malicki et 20 officiers s'enfuirent aussitôt en Suisse ; 450 rentrèrent à Besançon où ils furent de la part du général Rolland l'objet de traitements aussi sévères que mérités*.
On a vu que Bourbaki considérait les troupes concentrées autour de Dijon comme suffisantes pour arrêter les ^démonstrations de l'enn.emi. Ses idées se modifièrent dans la nuit du 2 au 3, et il réclama du ministre l'envoi immédiat d'une fraction du 15® corps à Dijon. M. de Freycinet annonça aussitôt qu'une brigade et deux batteries seraient dirigées sans retard sur cette ville. Le reste du corps d'armée débarquerait à Besançon et renforcerait directement la 1^* armée'.
Cette décision était d'une extrême gravité. M, de Freycinet renonçait à donnei* au 15® corps le rôle pour lequel il semblait indiqué, c'est-à-dire la garde de Dijon et du flanc