‹ Campagne de l'est en 1870-1871Chapitre 118 sur 165 · COMBATS AU SUD DE VKSOUL · texte numérisé non relu

COMBATS AU SUD DE VKSOUL

se concentrer autour de Nuits-sous-Ravières et de Châtillonsur-Seine. La 14® division se dirigeait alors, par voie ferrée, sur Mitry ; elle fut invitée à rallier directement le VIP corps^ à Cbâtillon. En même temps, le rpi coupait les troupes destinées à opérer vers le sud-est eu une nouvelle armée, dite du Sud, et placée sous les ordres du général v. ManteuflFel*. Mais Tintervention des II* et VIP corps ne pouvait produire un effet appréciable qu'au bout d'un certain temps et, en attendant, Werder restait, avec trois divisions d'infanterie seulement, devant les trois corps d'armée de Bourbaki. C'est dire qu'il pouvait être écrasé avant l'arrivée de Manteuffel.

Le terrain compris entre la route de Vesoul à Belfort et la frontière suisse présente trois aspects distincts. La partie nord, située de cette route àl'Ognon, est un pays de collines^ généralement couvert de fcois épais, où les arbres à feuille^^ caduques dominent. Les accidents de terrain présentent une forme adoucie; les cours d'eau ne sont pas encaissés, mais bordés de prairies humides, souvent infranchissables. Le plu» impoi*tant, l'Ognon, est par sa profondeur un obstacle très sérieux ; un petit nombre de gués le traversent.

De cette rivière au Doubs, le caractère du pays se modifie. Déjà les collines, plus élevées, revêtent quelquesuns des aspects familiers au Jura ; en certains points, elles sont coupées par des escarpements verticaux de 15 à 25 mètres de haut; les cours d'eau sont encaissés; les vallées ont l'apparence qu'elles présentent dans les régions montagneuses; les sapins et les pins commencent à se montrer; le Doubs, qui court au sud-est, n'est franchissable que sur les ponts.

L'espace compris entre cette rivière et la frontière suisse est un pays de montagnes et de hauts plateaux, le Jura. Généralement couvert de forêts de sapins, il s'élève brusquement au-dessus de la plaine de la Saône, à l'est d'une ligne

1. Qui commandait la î'^ armée en remplacement du général Steinmetz; MauloufTel fut remplocé par v. Gôhen.

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allant de Lons-le-Saulnier à Besançon. Des escarpements qui dépassent parfois 150 mètres, comme à Poligny et à Ârbois, jalonnent la limite entre la plaine et la montagne ou plutôt les hauts plateaux. Ceux-ci sont coupés de vallées profondes et traversés par plusieurs chaînes montagneuses dont la direction générale est du nord-est au sud-ouest. En général, les cours d'eau y coulent dans des ravins très accentués, auxquels leurs bords verticaux valent quelquefois le nom de cluses. Les routes suivent fréquemment de véritables défilés. Ainsi celle de Nozeroy à Champagnole est encaissée entre des hauteurs de plusieurs centaines de pieds. Malgré son âpreté, son altitude considérable, ce pays possède plus de ressources qu'on ne pourrait le croire, grâce au travail, à l'industrie des habitants. Son réseau routier, à mailles assez serrées, rayonne surtout autour de Pontarlier, de l'ouest à Test ; les voies conduisant du sud au nord sont relativement rares.

Tel était le terrain sur lequel allaient opérer Bourbaki et Werder. Aux yeux de ce dernier, trois éventualités pouvaient se produire :

Nous marcherions directement sur Nancy ; dans ce cas les positions de Vesoul à Port-sur-Saône, au nord de Durgeon, seraient des plus favorables à la défense. Celle-ci, en raison de la conformation du terrain, ne pourrait opérer de retours offensifs que vers la gauche, par Frotey et Quingey ; mais l'assaillant aurait à déboucher du plateau au sud de Vesoul, par des routes étroites , fortement encaissées et sous le feu d'une artillerie qui ne pourrait être contrebattue'que de loin. Aussi Werder envisageait-il ce premier éas avec la plus gr.mde confiancs.

Bourbaki pouvait aussi se porter sur Villersexel et chercher à séparer le XIV* corps de Belfort en remontant TOgnon. 11 lui suffirait d'occuper les Allemands par des démonstrations au sud de Vesoul. Cette éventualité paraissait,- fort justement, la plus à craindre. Mais elle exigeait des troupes de Bourbaki des qualités manœuvrières qu'elles ne possédaient aucunement. Il était à croire qu'au contraire le XIV* corps parviendrait aisément, tout en masquant son mouve-

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