Lôhlein, p. 161; Étal-major prussien, tome IV, p
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l'envoi sur la Saône des IP et ^Vll* corps, ainsi que du général V. Manteuffel, le chef d'état-major du Roi lui recommandait de couvrir en toutes circonstances le siège de Belfort. Par contre, il n'aurait pas à s'occuper de la garde du teiTÎtoire situé à Touest des Vosges ; elle serait confiée aux troupes du gouvernement de Lorraine, en attendant la venue de ManteufFel. Cependant, il devrait assurer la sécurité de son flanc droit, au besoin en faisant détruire les r((utes de la partie sud des Vosges.
Au cas où Bourbaki marcherait directement vers le nord, il garderait le contact avec lui , en se reliant aux troupes du gouvernement de Lorraine.
Le gouverneur général d'Alsace avait ordre de réprimer avec la dernière énergie toute tentative d'insurrection; Werder ferait de même ; le général de Moltke l'invitait à ne point ménager la population « dans l'intérêt même de celleci » ; la répression frapperait soit les individus, soit les communes tout entières.
Même en cas de retraite momentanée, Werder garderait le contact le plus étroit avec l'armée de Bourbaki, de façon à reprendre au plus tôt l'offensive et à éviter que nous ne puissions nous jeter, en forces supérieures, sur les IP et VIP corps.
De toute nécessité les opérations de Bourbaki devaient être liées aux chemins de fer, indispensables au ravitaillement de ses troupes. Il serait donc très avantageux de menacer les lignes ferrées qui serviraient à ses communications. En prévision de sa marche vers le nord, le gouverneur général de Lorraine aurait à préparer la destruction des chemins de fer de Langres à Chaumont et d'Epinal à Saint-Loup. De même, la ligne de Mulhouse à Belfort devant être, avant longtemps, inutilisable pour les Allemands, on détruirait d'une façon durable celle de Mulhouse à Baie.
Le général de Moltke ajoutait que le ministère de la guerre badois avait ordre de concentrer des troupes dans la partie sud du grand-duché, pour observer le Rhin et empêcher le passage de corps de partisans. Ces derniers détails montrent
OAMPAGHE DB h'aST, — f. M
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assez que le chef d'état-major du Roi appréciait à sa valeur l'importance de notre entreprise*. La veille, il avait recommandé au gouverneur général de Lorraine de faire armer Toul et de donner à cette place une garnison suffisante ^
Ces instructions répondaient à la situation, si incertaine qu'elle fût; Elles accordaient naturellement à Werder la plus grande initiative. Mais ce général laissait voir de l'hésitation et du défaut de clairvoyance. Au lieu de se concentrer rapidement au nord de Villersexel, il perdait à peu près toute la journée du 8, se bornant à nous faire observer par sa cavalerie et ne renonçant pas encore à l'hypothèse d'une marche de Bourbaki sur VesouP. Il était, d'ailleurs, maintenu dans son incertitude par l'apparition à l'ouest de cette ville d'un certain nombre de corps francs déjà en marche vers les Vosges. 11 faisait distribuer aux troupes trois jours de vivres et deux d'avoine, afin de les tenir prêtes à marcher.
Leurs patrouilles trouvaient Saint -Ferjeux faiblement occupé. Au contraire, une colonne d'au moins 15,000 hommes était en route d'Authoison sur Montbozon. Malgré ce fait significatif, Werder doutait encore. Afin d'acquérir la certitude qui lui manquait, il prescrivit que, le 9, la 3* brigade dirigerait une reconnaissance de Vellefaux vers Rioz. Elle se porterait ensuite sur Villersexel et Esprels, si la marche de Bourbaki vers l'est était confirmée.
En attendant, Werder avait déjà reporté vers la Haute- Alsace sa ligne d'étapes, trop menacée à l'ouest des Vosges. Il fit continuer la reconnaissance de nos positions pendant le clair de lune du 8 au 9 janvier. On constata que les villages au sud de Vesoul étaient évacués ; au contraire, Villersexel paraissait fortement occupé, ainsi que les villages dans le
1. Lettre du général de MoUke à Werder, 7 janvier, État-major pruësien, tome IV, p. 608.
2. Instruction du 6 janvier. État-major prussien, tome V, p. 763.
3. L'officieux Lôhlein écrit le contraire, mais v. der Wengen, plus indépendant, établit que, même dans la soirée du 9, Werder n'avait pas encore renoncé à cette hypothèse.
Lôhlein cite parmi les corps qui marchaient à l'ouest de Vesoul celui du colonel Bernard, qui rayonna plus tard autour de Mirecourt.
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voisinage des routes de Rougemont à Saint-Ferjeux et d'Aceolans à Vellechevreux. De Geney un détachement escarmouchait contre les avant-postes de v. Bredow^
Ces renseignements fixèrent les irrésolutions de Werder. Avec une sûreté de vues que Ton n'aurait pas attendue de lui, il décida (9 janvier, 3 heures du matin) de porter un coup droit dans le flanc de Bourbaki. Ainsi il ralentirait son mouvement et parviendrait à le devancer.
La 4* division de réserve était depuis raprès-midî du 8 à Noroy-le -Bourg; elle recevait ordre de porter son avantgarde à Villersexel et son gros à Aîllevans. La brigade v. der Goltz la remplacerait à Noroy-le-Bourg, où elle attendrait des ordres ] la division badoise se porterait à Athesans par Vyles-Lure. Vesoul et Port-sur-Saône resteraient provisoirement occupées par des troupes d^étapes^, renforcées de deux bataillons. Le colonel v. Bayer, qui commandait le tout, avait ordre de tenir à Vesoul, sauf contre des forces très supérieures. Au besoin, il se retirerait sur Luxeuil. Dans le cas où nous le devancerions devant Belfort, Werder était prêt à jeter des fractions de la division badoise en soutien de Tresckow.
Ces ordres devaient fatalement entraîner un combat et un retard sensible dans notre mouvement. C'était le premier résultat de la faute commise par Bourbaki, en marchant avec une telle lenteur et en ne détournant pas l'attention de Tennemî par de vigoureuses démonstrations au sud et à Pouest de Vesoul. Sous ce rapport, Tabsence de la division Cremer, retenue à Dijon jusqu'au 8, fut particulièrement regrettable. Dirigée de Gray vers Port-sur-Saône, elle aurait utilement occupé notre adversaire vers sa droite.
1. Ancien dolachement du colonel v, Osti-owskî, porté à 7 bataillons, 2 batteries et demie, 2 escadrons. Le 8, il occupait la ligne Saulnot, Arcey, Onans.
2. A Vesoul, 6 compagnies, i escadron, « batteries (major Schack) ; à Porlsur-Saône, 2 compagnies, i escadron de troupes d'étapes.