‹ Campagne de l'est en 1870-1871Chapitre 128 sur 165 · Villerêexel · texte numérisé non relu

Villerêexel

2. Avant-garde {génùral v. Trosckow II): i régiment d'infanterie, 1 régiment de uhlans de réserve, 2 batteries de réserve ; Grox (colonel Knapp v. Knappsladt) : 4 bataillons de landwehr, 3 escadrons de uhlans de réserve, 3 batteries de réserve, l compagnie de pionniers de forteresse, i détachement de ponis {Élat-major prussien, tome IV, p. 1067;.

Il y avait alors à Villersexel 2 bataillons de mobiles (Corse et Vosges), 2 compagnies de la 1^® légion du Rhône et un escadron du 6« cuirassiers de marche. D'après Biisac (p. 94), il n'y aurait eu que deux compagnies du bataillon des Vosges.

21 i NUITS, VILLKRSEXEL.

sur Aîllevans, où les pionniers commençaient un pont. En même temps, Tavant-garde se dirigeait vers VîUersexel. Dès qu'elle déboucha du Grand-Fougeret, elle fut arrêtée par une vive fusillade. Ses deux batteries ouvrirent le feu de la lisière sud du bois et canonnèrent le bourg, le parc et le pont. Cependant une première attaque, faite vers 10 heures par un bataillon prussien, échoua entièrement. Le pont était fortement barricadé, comme nousTavons vu; les maisons voisines, la lisière de la ville, le parc et le château formaient plusieurs étages de feux qui rendaient impossible une attaque directe. Mais un officier s'aperçut que la passerelle de la forge était restée intacte; six compagnies s'y hasardèrent successivement, culbutèrent le poste chargé de sa garde et pénétrèrent dans le parc. L'instant d'après, le château était enlevé et l'ennemi faisait 90 prisonniers. La réussite de ce coup de main, due à notre impardonnable négligence, changea la situation. Tresckow porta cinq nouvelles compagnies vers Moimay, à la passerelle ou au pont; ses troupes s'emparèrent de l'entrée de la ville vers Rougemont, en délogeant deux de nos compagnies. Puis les Prussiens (4 compagnies) renouvelèrent l'attaque du pont. Cette fois les défenseurs, menacés dans leur retraite, se replièrent le long du Scey. Une compagnie qui se retirait directement sur Villers-là-Ville fut chargée par un escadron de uhlans, qui lui prit 60 hommes ^ Un retour offensif du 2^ bataillon de la Corse fut aisément repoussé. Vers 1 heure, Villersexel était entièrement occupé ; les Allemands avaient fait 500 prisonniers et le lieutenantcolonel Parran, des mobiles de la Corse, était parmi les morts. Les bataillons de v. Tresckow II prirent position au sud-est de la ville, et un moment d'accalmie se produisit jusque vers deux heures. Werder, qui arrivait à Villersexel, donnait per-

1. État-major prvêsien. D'après v. der Wengen, cette compagnie allait de Villers à Villersexel quand elle se mit en retraite. Au moment de la charge, les olïïciers crièrent inutilement à leurs mobiles : « Tirez donc! Tirez donc ! ». Aucun coup de feu ne fut tiré, et Tennaml prit 2 ofiiciers et 6i hommes. Un état signe du clief d'état-mnjor du 20« corps donne pour les mobiles corses une porte de 8 tués, 19 blessés et S50 disparus, dont IS oUciers. (Qrenest, l'Armée de l'Est, p. 189.)

sonnellement aux généraux y. Schmeling et v. Trcsckow II Tordre de tenir la ville jusqu'au soir. Leur départ aurait sans doute lieu dans la nuit \

A ce moment, Bourbaki, accouru du château de Boumel, atteignait le champ de bataille. Aussitôt il prescrivait au 20** corps de reprendre la ville et de border le Scey au nordest, au 18* de déboucher d'Esprels et de s'établir sur les hauteurs à l'ouest, tout en dirigeant une division sur Villersexel, en soutien du 20** corps. La réserve générale viendrait occuper les emplacements primitifs de ce corps d'armée.

Le général Billot avait pris les dispositions suivantes : la division Feillet-Pilatrie, partie de ThieflFrans, de Cognières et de Bouhans, se porterait sur Esprels, Autrey-le-Vay et Pont- sur- rOgnon qu'elle occuperait; la division Penhoat quitterait Saurans-les-Cordiers, Roche-sur-Linotte et Authoison, pour se diriger sur Villersexel; la division Bonnet partirait de Montbozon et de Thiénans pour aller s'établir en deuxième ligne à Chassey, ThieflFrans, Bonnal et Tressandans; la cavalerie, venant de Pennesières et d'Aubertans avec le bataillon du 49* de marche et nm batterie à cheval, irait à Montbozon, Cognières et Bouhans. Enfin, la réserve d'artillerie se porterait par Montbozon à Pont-surrOgnon, où elle serait prête à se diriger sur Esprels. Ces mouvements commenceraient à 7 heures, sauf celui de la division Bonnet, qui quitterait Montbozon à 11 heures seulement*.

La tête de la division Feillet-Pilatrie atteignait Esprels, quand un peloton du 3* lanciers de marche (3* escadron} signala la présence, dan^ ce village, d'un escadron de uhlans déjà aux prises avec des francs- tireurs et des paysans armés.

1. LôhleÎD, p. 166. V. der Wengon écrit que notre retraite eut lieu vers lO^^ao {Der Feldzug der franzosischen Ost-Armee von 1S70-1871, AUg. Mil.-Zeit. 1896) ; , V. Loos (Ztir Geschichte des i. Hhein, Infanterie-Régiments No. 35), écrit vers Il heures. Enfla, V État-major prussien écrit vers i heure.

«. Ordre de mouvement du 18' corps. Le bataillon du 19^ de marche avait été prélevé sur la garnison d'Auxonne, lors du passage de l'armée près de cette petite place. Il fut rattaché au 18^ corps sans être endivisionné.

11 fut rejeté et nos cavaliers se portèrent sur Marat, Moîmay et Autrey-le-Vay, pendant que la 1" brigade de Feillet-Pilatrie se rassemblait à Esprels.

Ce mouvement n'échappait pas aux patrouilles de la 4* division de réserve ; elle n'avait que de faibles détachements, à y opposer. Mais Werder dirigea la brigade v. der Goltz sur la Grange-d'Ancin et la chargea d'assurer vers Marat et Moimay la sécurité des troupes engagées à Villersexel'. La présence de l'ennemi ayant été signalée à Marat et à la ferme des Pateys, l'une de nos sections d'artillerie fut établie sur une hauteur qui domine Esprels, entre les routes de Marat et de Vesoul, et une reconnaissance de cavalerie poussa sur Marat où on l'accueillit à coups de fusil. Dix des pièces de Feillet-Pilatrie vinrent alors rejoindre la section dont nous avons parlé, sous la protection du 2* bataillon du 42* do marche , établi entre le bois de la Bouloye et la route de VesouP. Le 9" chasseurs de marche fut dirigé sur Autreyle-Vay.

A peine ces dispositions prises, des tirailleurs allemands débouchèrent de Marat vers Esprels. La 20® batterie du 9** régiment, bientôt soutenue par la 13® du 13®, ouvrit le feu à 1,800 mètres, et arrêta promptement la marche de l'ennemi (10" 30).

Vers 11 heures, des tirailleurs reparurent à l'ouest de Marat, semblant menacer la gauche de nos batteries et d'Esprels. De plus, l'ennemi était signalé le long du Lauzin, vers Moimay ; ses éclaireurs entraient dans le bois des Brosses et marchaient sur Autrey. Mais le général Billot arrivait à

Page 1