Enquête, tome III, p
S. Enquête, tome VI, p. il.
hommes à Autan et conserva longtemps le grade de commandant qu'il s'était octroyé. Un autre projeta d'organiser une compagnie recrutée seulement dans la prison d'Autun ; il la nommait par avance corps des détenus. Il exista un corps d'isolés composé d'hommes qui avaient perdu leur corps. On changeait d'unité pour toucher plusieurs entrées en campagne ; on remettait en usage l'antique institution des passevolants. Les femmes même étaient admises pour enfler les effectifs. Une seule compagnie en contenait dix-huit, que le préfet de la Côte-d'Or, Luce-Villiard, fit expulser ^
La discipline était ce qu'on peut attendre d'un tel ramassis. Dès le mois de novembre, les Garibalaiens de passage à Lyon motivaient par leur conduite les plaintes les plus sérieuses. Le préfet, M. Challemel-Lacour, télégi'aphiait le 16: cLes Italiens qui errent à Lyon depuis six semaines sous prétexte de former l'armée de Garibaldi se livrent à tous les désordres. Ils viennent d'assassiner deux hommes dans la même nuit. Lyon ne peut être plus longtemps leur lieu de rassemblement. Je demande qu'on m'en débarrasse. » Le même jour, nouvelle dépêche : « Veuillez donner l'ordre à tous les prétendus Garibaldiens qui sont ici d'aller s'organiser ailleurs. Il faut à tout prix que Lyon soit purifié de cette engeance*. » En janvier, à Dijon, les Garibaldiens poussaient l'impudeur jusqu'à offrir en vente, même à des officiers, des revolvers ou des fusils ; chassepots ou remingtons se vendaient couramment de 5 à 10 fr. Ce honteux commerce n'était nullement inquiété'.
Vis-à-vis de la Délégation, Bordone et les lieutenants de Garibaldi montrèrent la plus extrême désinvolture. Nos voies ferrées de l'Est furent à plusieurs reprises encombrées par les transports militaires au point que la circulation y était des plus laborieuses. L'armée des Vosges n'en faisait pas moins abus des trains spéciaux pour les motifs les plus futiles. Ainsi, le 13 décembre, un train de ce genre porte de
1. Enquête, lome VI, p. 807 et suiv., déposUion Luco-Villiard et Castillon.